Haïti mon coup de cœur

25 janvier 2010

Tribune libre

En 1999-2000, j’entamais une maîtrise en sciences de l’éducation. Un nouveau programme, de nouveaux étudiants… Parmi ceux-ci se trouvait Martine, une étudiante haïtienne qui venait parfaire sa formation en Belgique. C’était une jeune femme pleine de vie, avec un sourire éclatant. Très vite, nous avons sympathisé. Au mois de mai, elle m’a annoncé qu’elle rentrait chez elle, en Haïti, pour les vacances. En plaisantant, je lui ai demandé si elle ne voulait pas m’emmener dans ses bagages. Et très sérieusement, elle a dit: «Mais oui, pourquoi pas.» Quinze minutes plus tard, elle avait écrit à sa maman et lui avait demandé si je pouvais passer cinq semaines chez eux. Trente minutes après ma blague, il ne me restait qu’à trouver un billet d’avion pour le 1er juillet.

Quand j’ai débarqué à l’aéroport, après un long trajet et de multiples correspondances, je n’en revenais pas encore. Martine et moi, après un court séjour chez son frère en République dominicaine, avons traversé la frontière en autobus. Quand nous sommes arrivées à Port-au-Prince dans la famille de Martine, j’ai su qu’Haïti serait l’un de mes coups de cœur. Les paysages étaient à couper le souffle!

La famille de Martine m’a accueillie à bras ouverts. Ils m’ont présentée à tout le monde et, après quelques jours, je faisais partie de la famille. Ces gens avaient plus que le cœur sur la main. Et puis, cette famille m’a emmenée partout. J’ai vu des endroits somptueux, des plages de sable blanc, des eaux limpides. Je suis allée visiter des villes comme Jacmel ou le Cap haïtien et Labadie. J’ai découvert des cabris se baladant dans les rues comme on voit des moufettes ou des écureuils à Sherbrooke.

En découvrant les images de Port-au-Prince à la télévision et dans les journaux, mon cœur s’est serré. En entendant les reportages, les larmes me sont montées aux yeux. Alors, comme beaucoup d’entre vous probablement, j’ai donné, mais avec la rage au ventre. J’aurais voulu y aller, être avec eux, les aider physiquement et moralement. Je suis heureuse de voir que dans le malheur, de nombreux organismes se sont mobilisés. Je salue d’ailleurs l’initiative de la Faculté de médecine et des sciences de la santé qui a proposé d’envoyer des personnes compétentes sur place.

Égoïstement, j’ai été heureuse d’avoir des nouvelles de Martine et de sa famille. Ils vont bien. Mais il reste des personnes dont je n’ai pas de nouvelles et que je n’ai pas réussi à joindre à l’heure actuelle. Aujourd’hui, mon cœur se tourne vers l’ensemble de la communauté haïtienne. Je pense que celui qui n’a pas vécu pareille tragédie ne peut pas comprendre ce que vous ressentez actuellement. C’est mon cas. Mais sachez que d’avoir vu les images de votre capitale dévastée et d’avoir attendu avec angoisse des nouvelles de mes amis m’a permis de me rapprocher de votre sentiment. Dans une situation comme celle que vous vivez, il n’y a probablement pas de bons mots, mais sachez que je suis de tout cœur avec vous.

Christelle Lison

Vous avez quelques chose à ajouter ou une question à poser...

Vous avez quelque chose à dire?