On a beau croire que tout va bien, se dire que les choses iront mieux demain, que ce n’est pas si pire, il est temps d’ouvrir les yeux: le monde va mal! Évidemment, certains vivent mieux que les autres, mais il devient difficile de ne pas regarder ce qui nous entoure et finalement de ne pas être honnête avec soi-même et avec la planète!
Christelle Lison
Séisme en Haïti, attentat meurtrier contre le bus de l’équipe du Togo enligné pour la Coupe d’Afrique des nations, pertes humaines en Afghanistan, attentats à la bombe, premier meurtre de 2010 à Montréal: force est de reconnaître que le monde n’est pas en pleine forme. Pourtant, on se dit que cela pourrait être pire. Je dois vous avouer que je commence à me demander comment.
Mais pendant ce temps-là, nos politiciens vivent leur vie. Je lisais hier un article sur les maîtresses de Nicolas Sarkozy et, ce matin, un autre sur son égocentrisme. Cela a-t-il vraiment de l’importance? J’entendais le maire Sévigny expliquer qu’il ne pourra pas réaliser tout ce qu’il avait promis aux Sherbrookois pendant sa campagne électorale parce qu’ils n’ont pas élu suffisamment de membres de son parti (le Renouveau Sherbrookois). Heureusement que les membres de la Croix-Rouge, de Médecins sans frontières et de Caritas n’ont pas fait la même chose quand il s’agissait de partir secourir la population haïtienne. Peut-être me direz-vous que cela ne se situe pas au même niveau, et c’est vrai. Mais tout de même, se trouver des excuses, c’est toujours facile! Aujourd’hui, il est temps d’agir!
Évidemment, en tant qu’individu, on se demande toujours ce que l’on peut réellement faire. Si cela vaut vraiment la peine. Un peu comme pour le développement durable… cela vaut-il réellement la peine que je recycle si de grosses entreprises polluent? Dans tous les cas, la réponse est OUI! Chaque geste compte, même un tout petit, chaque cent que vous déposez sur les comptes des regroupements internationaux aidera les populations qui vivent des heures affreuses. Ne vous laissez pas dominer par le «bah, y’en aura plein qui vont le faire.»
À ce propos, voici un texte que m’a envoyé une amie par courriel: «Il était une fois quatre individus qu’on appelait tout le monde, quelqu’un, chacun et personne. Il y avait un important travail à faire et on a demandé à tout le monde de le faire. Tout le monde était persuadé que quelqu’un le ferait. Chacun pouvait l’avoir fait mais ce fut personne qui le fit. Quelqu’un se fâcha car c’était le travail de tout le monde! Tout le monde pensa que chacun pouvait le faire et personne ne doutait que quelqu’un le ferait. En fin de compte, tout le monde fit des reproches à chacun parce que personne n’avait fait ce que quelqu’un aurait pu faire. Moralité: sans vouloir engueuler tout le monde, il serait bon que chacun fasse ce qu’il doit faire sans nourrir l’espoir que quelqu’un le fera à sa place, car l’expérience montre que là où on attend quelqu’un, généralement on ne trouve personne.» J’avoue que ce texte m’a fait réfléchir parce qu’il m’a semblé pas mal vrai, parce que chacun d’entre nous attend que son voisin fasse le premier pas. En psychologie sociale, il est admis que plus il y a de personnes, plus chacun se déresponsabilise, en se disant «mais pourquoi moi?».
En relisant cet éditorial, je me demande si c’est un cri du cœur que je vous lance… que je me lance. Je crois que oui! Parce que je constate qu’avec l’âge et l’expérience, je supporte de moins en moins de voir ce que l’on fait du monde. Je vis de plus en plus mal les gens qui se plaignent pour un oui ou pour non, ceux qui n’ont jamais le temps pour les autres, ceux qui ont toujours vécu pire. Évidemment, vous allez me dire que tout cela est relatif, que cela dépend d’une personne à l’autre, que je ne peux pas généraliser et… vous aurez raison. Mais tout de même!
Je persiste à espérer que les choses vont aller mieux, que les humains vont porter plus d’attention à leur planète mais aussi aux messages lancés par Dame Nature, à croire que les sportifs peuvent aller disputer des tournois sans avoir peur de voir leur bus sauter sur une mine. Je persiste à espérer que les politiciens vont tenir leurs promesses, que l’environnement deviendra un enjeu majeur, que les valeurs humaines seront défendues envers et contre tout (ou presque). Et surtout, je persiste à espérer que chacun de nous sera un jour plus attentif aux autres, plus respectueux, plus prêt à faire un geste pour aider. Finalement, mon cri du cœur c’est: sortons nous la tête du sable et arrêtons de nous trouver de bonnes (ou pas) excuses. Mais là, faut que je vous laisse parce que… j’ai piscine!

