Compostage

8 février 2010

Le 27 janvier dernier, l’Université de Sherbrooke dévoilait sa toute nouvelle unité de compostage. Située au fond du campus principal, derrière la Faculté d’administration, cette unité servira à composter sur place les déchets générés par l’institution. Cet arrangement offre de nombreux avantages pour plusieurs aspects de la vie sur le campus.

Olivier Robichaud

Selon Alain Webster, vice-recteur au développement durable, l’unité de compostage permet de «boucler la boucle» des efforts lancés en 2002 pour améliorer la gestion des matières résiduelles (recyclage, compostage, déchets) de l’Université de Sherbrooke. Après l’implantation du compostage dans la cafétéria et les casse-croûte et la mise en place des trios de bacs de recyclage, qu’on voit un peu partout dans les bâtiments, le compostage sur place serait, pour M. Webster, une suite logique aux actions posées par l’Université.

Ainsi, les émissions de gaz à effet de serre seront réduites puisque les déchets organiques ne seront plus envoyés au composteur industriel de Bury, situé à plus de 40 kilomètres de Sherbrooke. Ceci entraînera également une diminution de la facture liée au compostage: de 250 $ la tonne, elle ne sera plus que de 75 $ la tonne (en moyenne) pour les vingt prochaines années, une fois pris en compte les coûts liés à l’implantation du programme et des équipements.

Selon M. Webster, les bienfaits du nouveau système ne se limitent pas à ces questions-là. En effet, en plus de sa valeur environnementale, le programme agira sur deux autres volets, soit l’enseignement et la recherche. En effet, les étudiants et les professeurs de la maîtrise en environnement auront accès à du compost de qualité pour leurs recherches et participeront également aux travaux pour développer un compost de bonne qualité. Des activités sont même planifiées pour les plus petits: «Au printemps, les enfants du CPE (Centre de la petite enfance) du campus vont venir avec leurs éducatrices pour jeter leurs cœurs de pomme dans le composteur», précise le vice-recteur.

Une initiative étudiante

L’idée d’installer un composteur directement sur le campus vient d’un groupe d’étudiants en administration, qui soumettaient le projet dans le cadre d’un cours. Ils s’inspiraient de l’Université Concordia, qui venait d’implanter le même type de composteur sur son campus, au centre-ville de Montréal. Des étudiants de génie ont ensuite eu vent du projet et ont décidé de fonder le groupe Génie vert pour le mener à bien. Ils travaillent depuis en étroite collaboration avec la Clé du développement durable ainsi qu’avec la direction de l’Université.

Une large place est également laissée aux étudiants dans les activités quotidiennes liées au compostage. Plusieurs sont d’ailleurs déjà au travail, comme Vincent Escher, qui est à la maîtrise en environnement: «Ça fait déjà plusieurs semaines qu’on composte tout ce qu’on peut sur le campus. Tout est en place depuis avant les Fêtes.»

Même la viande ne cause pas de problèmes

Un des obstacles à surmonter venait de la réglementation québécoise. Selon les règles du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP), il faut un composteur de taille industrielle pour composter la viande, entre autre chose. Le composteur de l’Université de Sherbrooke, développé par la compagnie Agri-Ventes Brome (voir autre article) n’a pas la taille requise. Par contre, cette situation pourrait changer rapidement selon Paul Larouche, qui travaille comme consultant auprès de la compagnie: «On sait que c’est possible et complètement sécuritaire, mais la réglementation est toujours un peu en retard, c’est comme ça que ça marche. […] On est confiant que ça sera réglé pendant le mois de février.»

À l’Université de Sherbrooke, des autorisations ont été obtenues auprès du ministère pour déroger à la règle. Une institution peut en effet demander la permission de composter de la viande si elle démontre qu’elle peut le faire de façon efficace et sécuritaire. «On tenait absolument à pouvoir composter la viande sur place, affirme M. Patrice Cordeau, conseiller en environnement et en développement durable au Service des immeubles. On est tout de suite allés chercher les autorisations au MDDEP.»

Le compost qui est maintenant généré par l’Université de Sherbrooke sera utilisé directement sur le campus, dans le Jardin collectif et les différents aménagements paysagers. S’il y a des surplus, l’Université ne compte pas les vendre mais plutôt les donner aux étudiants et aux professeurs intéressés. Monsieur Cordeau souligne que des surplus éventuels de compostage seraient un «beau problème» et qu’il y aurait une multitude de façons créatives de les utiliser.

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