Tennis : Open d’Australie: les deux numéros 1 mondiaux s’imposent

8 février 2010

L’Open d’Australie vient tout juste de se terminer. Intense, ce tournoi a amené son lot de surprises aux amateurs de la petite balle jaune. De l’abandon de Nadal à l’élimination précipitée de Clijsters, aux parcours extraordinaires de Jie Zheng et Na Li, Melbourne a été intense!

Christelle Lison

L’Open d’Australie est l’un des quatre tournois de tennis du Grand Chelem. Organisé depuis 1905, il se déroule depuis 1988 sur une surface synthétique en dur. Qui dit Grand Chelem dit prestige et donc stress supplémentaire pour les vedettes de l’ATP et de la WTA.

Roger Federer sur du velours

Qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas, on est obligé de reconnaître le talent de Roger Federer. À 28 ans, le Suisse vient de remporter le 62e titre de sa carrière, son quatrième Open d’Australie et son 16e titre du Grand Chelem, soit deux de plus que Pete Sampras, précédent détenteur du record.

Tout au long de la quinzaine australienne, Roger Federer a été serein et souriant. C’est cette attitude, alliée à l’expérience et à ses nombreuses qualités tennistiques, qui lui ont probablement permis de battre Andy Murray (6-3, 6-4, 7-6). Constant, présent sur les points importants et concentré à l’extrême, Roger Federer a livré un excellent match. «Jouer du début jusqu’à la fin à un niveau si élevé, c’est quand même très spécial. J’ai rarement joué un match aussi physique», a déclaré le Suisse. Considéré comme un joueur assez peu expressif, Roger Federer a pourtant montré beaucoup d’émotion à la suite de sa victoire à Melbourne. «Je suis sur un nuage, j’ai joué un des meilleurs tennis de ma vie, a déclaré Federer. C’est un moment spécial aussi parce que c’est ma première victoire en Grand Chelem en tant que père. Elles [ses deux filles] ont six mois. Peut-être qu’on les verra dans le box l’année prochaine pendant la finale, ce serait formidable.»

Si Federer a bien joué, Murray a tout de même laissé de belles occasions, notamment cinq balles de set dont une, immanquable selon les experts, sur son service dans un incroyable tie-break. «Il a été bien plus fort que moi ce soir, j’ai reçu beaucoup de soutien, je suis désolé de ne pas avoir réussi à le faire ce soir mais…», a bafouillé le Britannique, incapable de terminer son discours.

«Andy, tu as joué un tournoi fantastique et tu es un trop bon joueur pour ne pas gagner un Grand Chelem un jour, ne t’inquiètes pas», l’a consolé Federer.

Un an après sa finale perdue face à Nadal en terre australienne, à la suite de laquelle certains parlaient alors d’un «déclin irréversible», le numéro 1 mondial semble avoir repris les rênes de la planète tennis. Avec cette victoire au premier tournoi du Grand Chelem de l’année, Federer se met en position pour tenter l’une des rares choses qu’il n’ait pas encore réussies: le Grand Chelem, c’est-à-dire «le gain des quatre principaux tournois sur une année calendaire».

Serena Williams reine de l’épreuve

À la suite de sa défaite face à Kim Clijsters à Brisbane, Justine Henin se présentait comme l’une des outsiders de l’Open d’Australie. Bataillant fermement durant la quinzaine, elle s’est inclinée en finale face à la numéro 1 mondiale, l’Américaine Serena Williams.

Avec cette victoire en trois sets (6-4, 3-6, 6-2) et en 2 h 07, Serena Williams remporte son 12e titre en Grand Chelem. Malgré un léger passage à vide (et une perte de 15 points d’affilée), c’est grâce à une puissance physique incontestable que la Californienne a démontré qu’elle était la reine de l’Open d’Australie. En effet, c’est la cinquième fois qu’elle le remporte, ce qui fait d’elle la joueuse la plus titrée dans la première levée du Grand Chelem. Mais elle reste encore loin derrière les 18 titres de Martina Navratilova et de Chris Evert, les 19 de Hellen Wills Moody, les 22 de Steffi Graf et surtout les 24 trophées de Margaret Smith Court.

Justine Henin, qui a repris la compétition début janvier, après 19 mois d’inactivité sur le circuit, était satisfaite de son tournoi. «Je suis évidemment déçue de perdre une finale du Grand Chelem après un match en trois sets dans lequel j’ai eu mes chances. Mais cela ne peut pas occulter toutes les satisfactions de ces dernières semaines. J’éprouve un sentiment mitigé pour l’instant, mais je suis sûre que dans quelques jours il y a aura beaucoup de choses positives. C’était presque parfait. Je sais que je dois travailler sur le plan physique, j’ai beaucoup souffert dans ce tournoi, je le savais avant. Cela faisait longtemps que je n’étais plus dans cette situation. J’étais un peu juste pour gagner ce match. Je n’étais pas à mon meilleur niveau, j’étais fatiguée. J’étais sur la réserve en permanence. Mais cela n’enlève rien au fait que Serena est une grande championne.»

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