La magie d’Alexandre
20 février 2010
Plus vite, plus haut, plus loin, dit la devise olympique de Pierre de Coubertin. Eh bien, c’est exactement ce qu’a fait Alexandre Bilodeau, le 14 février dernier, lorsqu’il a survolé avec brio la descente de bosses de Cypress Mountain pour gagner la première médaille d’or canadienne des Jeux de Vancouver… et la première du pays en ses terres.
Jessica Lapinski-Dejardin
Un silence de mort planait aux abords de la piste en attendant le résultat du Français Colas Guilbaut, seul skieur à pouvoir priver Bilodeau de son titre olympique. Puis, à l’annonce de la sixième place de Guilbaut, la joie: avec ses 26,75 points, 0,17 de plus que Dale Begg-Smith, son plus proche poursuivant, Bilodeau écrivait son nom dans l’histoire. Avant le Québécois originaire de Rosemère, aucun Canadien n’avait remporté un titre olympique en sol canadien.
Jusque-là, Alexandre Bilodeau était reconnu pour son brio en Coupe du monde: cinq victoires en 2008-2009, en plus de trois deuxièmes places et du globe de cristal, remis au meneur du classement général. Et aussi pour la controverse qui avait entouré le gala Sports Québec, lorsque la Fédération de ski acrobatique du Québec avait oublié de soumettre son nom pour le titre d’athlète masculin international de l’année.
Pourtant, Bilodeau est l’un des prodiges de sa discipline. Il a fait ses débuts sur le circuit de la Coupe du monde à 18 ans seulement, et a remporté sa première course à son troisième départ. Mais la pression est forte sur les épaules du successeur de Jean-Luc Brassard depuis son arrivée dans la cour des grands. «Tout est allé vite, trop vite», a un jour déclaré Bilodeau en entrevue pour RDS. À Turin, lors de ses premiers Jeux olympiques, le bosseur a mis une main au sol après l’atterrissage, lors de son deuxième saut. Une erreur qui ne pardonne pas, et qui a relégué l’athlète québécois au 11e rang.
Le poids de cette erreur a longtemps pesé sur les épaules de Bilodeau. Jusqu’à ce que les conseils de ses compatriotes et de son entraîneur, Dominick Gauthier, ne viennent changer sa vision de la course. «[J'ai compris] que le ski est ce que je fais et non ce que je suis. Au début de ma carrière, je pensais ski, je dormais ski, je mangeais ski », avait dit Bilodeau à RDS en 2009. J’ai maintenant d’autres choses dans ma vie que le ski. Je me suis acheté un condo à Montréal près du Centre Bell et je profite de la vie.»
Mais qu’il le désire ou non, le ski fera sans aucun doute partie intrinsèque de la vie d’Alexandre Bilodeau au cours des prochains mois. Sa victoire éclatante – et historique – fait désormais de lui un héros de l’olympisme canadien. Et c’est sans doute l’ultime accomplissement d’une carrière pleine de rebondissements.
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