imprimer cette article imprimer cette article

Categorized | Sports

Un gardien, c’est bien, mais deux, c’est mieux!

Posted on 20 février 2010 by admin

Tribune libre

Dans sa chronique du 25 janvier dernier, votre directrice des sports, Jessica Lapinski-Dejardin, disait en avoir marre du débat Price-Halak qui perdure chez le Canadien depuis (presque) toujours. Elle affirmait en outre que «Carey Price est le gardien numéro un de l’organisation et [qu'] il le demeurera jusqu’à ce qu’il y ait des changements au septième étage du Centre Bell.» Ce jour est maintenant arrivé et il est grand temps de changer de mentalité.

Jaroslav Halak nous a clairement démontré cette saison qu’il était, pour le moment, supérieur à son coéquipier Carey Price. Les chiffres ne mentent pas: à la pause olympique, le Slovaque avait obtenu cinq victoires de plus en disputant six matchs de moins et présentait une fiche de trois jeux blancs contre aucun pour le natif de la Colombie-Britannique. Malgré tout, Price est encore jeune et peut toujours aspirer à devenir un excellent gardien. Il faut souligner que les gardiens prennent toujours plus de temps à se développer; qu’on pense à Ryan Miller ou à Ilya Brizgalov, qui sont dans la fleur de l’âge et qui transportent littéralement leur club respectif à bout de bras. La patience est donc de mise dans son cas, car ce n’est pas le talent, son problème.

Que faire, donc, avec deux jeunes gardiens talentueux mais dont la valeur sur le marché des transactions (peu favorable pour les gardiens) est plus ou moins bonne?

Garder les deux! Un gardien ne peut plus défendre le filet à lui seul; les gardiens sont surutilisés et sont incapables de maintenir le rythme pendant toute une saison. La «cohabitation» est non seulement possible, elle est même devenue nécessaire. Pour ceux qui en douteraient, il suffit d’analyser l’utilisation des gardiens de but par les équipes championnes et aspirantes-championnes depuis le lock-out de 2005.

Lors de la saison 2005-2006, ce sont les Hurricanes de la Caroline qui ont remporté la Coupe Stanley. Martin Gerber a excellé durant toute la saison, disputant 60 matchs, mais c’est Cam Ward qui a fini le travail en séries, car le Suisse avait flanché lors des deux premiers matchs des éliminatoires.

L’année suivante, les Ducks d’Anaheim ont soulevé le précieux trophée grâce au brio de Jean-Sébastien Giguère, bien épaulé par Ilya Brizgalov qui avait disputé 30 matchs en saison régulière et cinq en séries éliminatoires.

En 2008, Dominik Hasek et Chris Osgood ont joué chacun 41 matchs en saison et c’est ce dernier qui a mené les Red Wings aux grands honneurs. La même année, les Penguins de Pittsburgh, finalistes, avaient vu Ty Conklin exceller en remplacement de Marc-André Fleury, alors blessé. Le Québécois était revenu en forme, bien reposé et bien préparé pour les séries.

Finalement, l’année dernière, le même Ty Conklin a partagé le filet des Red Wings avec Chris Osgood, disputant 40 matchs. Encore une fois, les Wings se sont rendus en finale de la Coupe Stanley, mais l’ont échappé au septième et dernier match.

Les Brodeur et Luongo de ce monde, deux exemples de durabilité et de stabilité devant le filet, sont très rares. Le travail se fait maintenant à deux, car c’est physiquement et mentalement très difficile pour un seul joueur de porter une équipe entière sur ses épaules pendant toute une saison. Le nouveau directeur général des Canadiens, Pierre Gauthier, doit tout faire pour garder ses deux poulains, quitte à se départir de certains vétérans grassement payés (lire Hamrlik, Spacek, Gill, etc.). Pourvu qu’ils se partagent le filet équitablement!

Vincent Régis

Comments are closed.