L’Iran ou le spectre de la menace nucléaire
8 mars 2010
Téhéran a une nouvelle fois refusé l’offre occidentale d’enrichir son uranium à l’extérieur de son territoire. Cependant, contrairement aux autres volte-face iraniennes, il semble que cette fois-ci, la communauté internationale n’entend pas laisser cet affront sans réponse.
Joël Mebada
Les grandes manœuvres ont commencé. Jusqu’ici, fort du soutien de la Russie et de la Chine, le régime iranien se savait protégé, car aucune résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies n’avait de chance d’aboutir. La donne a changé avec le revirement de la Russie, qui a décidé de suivre les Américains dans leur logique de sanctions vis-à-vis du régime de Téhéran.
Il ne reste donc plus maintenant aux Américains qu’à convaincre la Chine de laisser passer une résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies. Si c’est chose facile sur papier, c’est plus difficile dans la réalité, car la Chine a des intérêts énergétiques importants en Iran, notamment en matière de fourniture de pétrole. Un palliatif à cet obstacle majeur serait par exemple de remplacer les importations iraniennes par des importations provenant d’un autre pays, comme l’Arabie saoudite. Ce qui rappelle une maxime célèbre au général de Gaulle: «Entre les États il n’y a point d’amitié que des intérêts».
Si le monde a autant peur de voir l’Iran se doter de l’arme nucléaire c’est qu’elle veut le faire pour de mauvaises raisons, selon de nombreux responsables occidentaux. La première, et la plus importante, de ces raisons est que la République islamique souhaite voir l’État d’Israël rayé de la carte, diatribe mainte fois répétée par son président Mahmoud Ahmadinejad. Une autre raison est que cela confirmerait son leadership au Moyen-Orient, et la placerait en position de partenaire incontournable dans la résolution du conflit israélo-palestinien. On peut aussi imaginer que la possession de l’arme atomique assurerait la pérennisation du régime islamique.
L’Iran est un pays qui est au centre de tout. Il est proche des riches émirats pétroliers et possède des réserves de gaz suffisantes pour assurer un approvisionnement régulier aux pays européens, qui ne seront donc plus sous la coupe de Moscou. Un gazoduc pourrait être envisagé si seulement l’Iran se montrait compréhensive, mais elle ne l’a jamais été et ne le sera peut être jamais, sauf si les autorités de ce pays venaient à changer…
On prête au vice-président américain d’avoir dit un jour: «qui contrôle l’Iran contrôle le monde». C’est bien dans cette citation qu’il faut comprendre le combat à mort que se livrent la communauté internationale et la République islamique. La première entité veut avoir accès aux ressources de l’autre, et la deuxième pense que sur ce dossier, elle joue sa survie. L’avenir nous dira qui de Goliath ou de David l’emportera, mais la suite promet d’être intéressante.
Vous avez quelques chose à ajouter ou une question à poser...
Vous avez quelque chose à dire?



