Madère : Pluies torrentielles et coulées de boue
8 mars 2010
Le Portugal est une destination sympathique. Soleil et paysages idylliques sont d’habitude au rendez-vous. Mais depuis le 20 février dernier, l’île touristique de Madère est plutôt devenue synonyme de désolation. Les pluies torrentielles qui se sont abattues sur Funchal, la capitale, ont fait, selon un bilan de 39 morts, plus d’une centaine de blessés et une vingtaine de disparus.
Christelle Lison
Madère (région autonome du Portugal), que l’on surnomme l’île aux fleurs, a vécu une tragédie. Des pluies torrentielles et des coulées de boue ont plongé Funchal dans le chaos le plus total. Maisons et véhicules ensevelis, routes coupées, effondrement de nombreux ponts, les conditions ne rendent pas les secours faciles. Les victimes sont déjà au nombre de 42 et le bilan risque de s’alourdir. Une morgue a été installée à l’aéroport, où une équipe composée notamment de psychologues accueille du mieux qu’elle le peut les familles. «Les morts n’ont pas encore pu être tous identifiés», a déclaré Francisco Ramos, le secrétaire régional aux Affaires sociales. Mais le Premier ministre portugais, José Socrates, a d’ores et déjà promis que «toute l’aide nécessaire [serait apportée] pour que Madère puisse commencer immédiatement les travaux de restauration». Un deuil national de trois jours a été décrété après la tragédie.
Il est souvent difficile de comprendre pourquoi le climat se déchaîne contre l’une ou l’autre des régions du globe. Mais les raisons pour lesquelles les infrastructures s’écroulent peuvent parfois être découvertes. «Ce qui est arrivé est l’exemple même de ce qu’une mauvaise planification urbaine peut entraîner», estime Ricardo Ribeiro, président de l’Association portugaise des techniciens de l’assurance et de la protection civile (AsproCivil). En 1993, l’île avait déjà connu des inondations importantes, mais «la situation a été aggravée par les erreurs commises en matière d’aménagement du territoire, en particulier dans le sud de l’île [ndlr: là où réside la majorité des habitants et où ont été construits les hôtels de luxe destinés aux touristes], souligne Helder Spinola, de l’association écologiste locale Quercus Madeira. L’imperméabilisation des sols par l’asphalte et le béton ont [sic] empêché l’écoulement normal des trois rivières qui convergent vers Funchal et sa région.»
La polémique sur les causes de la catastrophe a été jugée «ridicule» par Miguel Albuquerque, le maire de Funchal. Pour lui, le seul responsable est «un phénomène météorologique exceptionnel». En attendant, la mobilisation s’organise pour venir en aide aux victimes. Et les habitants de là et d’ailleurs pansent leurs plaies.
Ainsi, le Ballon d’or 2008, l’attaquant-vedette du Real Madrid, Christiano Ronaldo, originaire de l’île de Madère, s’est dit particulièrement touché par la catastrophe. Il s’est d’ailleurs déclaré prêt à venir en aide à ceux qui en ont besoin. «Personne ne peut rester insensible à une catastrophe d’une telle ampleur, encore moins moi qui suis né et qui ai grandi à Madère. […] Je suis incrédule, choqué et consterné par cette tragédie sans précédent.»
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