PCBÉ: La FEUS s’active
8 mars 2010
La FEUS se prépare à intensifier les moyens de pression sur le gouvernement du Québec, dans le cadre de la campagne de la FEUQ «décompte PCBÉ». Elle réclame depuis plus d’un mois que le gouvernement québécois utilise l’argent reçu du Programme canadien de bourses aux étudiants (PCBÉ) pour bonifier l’Aide financière aux études, alors que Québec soutient qu’il n’y a pas d’argent frais à investir.
Olivier Robichaud
Déjà, le 11 février dernier, la FEUS (Fédération étudiante de l’Université de Sherbrooke) avait participé à une manifestation devant les bureaux du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS), sous l’égide de la FEUQ (Fédération étudiante universitaire du Québec). Organisé en vitesse, l’événement n’avait réuni qu’une centaine de personnes, dont seulement une poignée de Sherbrookois.
«On a annoncé ça tardivement», explique Jérémy Wauquier, vice-président aux affaires externes de la FEUS. En effet, ce n’est que la semaine même de la manifestation que le message a été lancé aux étudiants.
Une deuxième manifestation nationale a donc été organisée par la FEUQ. Elle aura lieu le 11 mars prochain et se terminera encore une fois devant les bureaux montréalais du MELS. La FEUQ espère mobiliser plus de gens, tout comme la fédération sherbrookoise.
Ne se limitant pas aux actions menées par sa fédération mère, la FEUS planche actuellement sur quelques actions à saveur locale. Le premier ministre Jean Charest étant le député de Sherbrooke, ces actions seraient plus qu’appropriées, selon M. Wauquier. Celui-ci s’est cependant fait avare de commentaires, question de ne pas se «tirer dans le pied» en partageant ouvertement les plans de l’organisme qu’il représente.
Pas d’argent, affirme Québec
Du côté du gouvernement, on affirme qu’il n’y a tout simplement pas de nouveaux fonds avec le Programme canadien de bourses aux étudiants. Rappelons que ce programme a été créé pour remplacer la Fondation canadienne des bourses d’études du millénaire (FCBÉM), à partir de laquelle la province recevait 80 millions de dollars par année. Le PCBÉ, quant à lui, constitue un revenu de 115 millions de dollars pour le gouvernement québécois.
Dans un article paru dans Le Devoir du 5 février dernier, la ministre de l’Éducation Michelle Courchesne expliquait, par le biais de son attachée de presse, que le nouveau programme remplace bien plus que les seules Bourses du millénaire. D’autres subventions fédérales totalisant 27 millions de dollars auraient également disparu à la suite de la mise en place du PCBÉ. Le MELS ne disposerait donc pas d’argent frais à investir dans le programme québécois d’Aide financière aux études (AFÉ).
Cependant, la situation est loin d’être claire. Un communiqué du gouvernement fédéral diffusé le 3 février (date à laquelle un accord a été conclu pour transférer les fonds du programme au gouvernement québécois) parle bel et bien d’un programme dont les fonds «dépassent largement» ceux de la défunte FCBÉM, et ce, même si Ressources humaines et Développement des compétences Canada confirme que le PCBÉ est un amalgame des différentes bourses offertes aux étudiants du pays.
Pour les différentes associations étudiantes, il n’y a pas de doute: Québec a obtenu plus d’argent, des sommes qui doivent se traduire par une bonification de l’AFÉ: «[…] pour Ottawa, les 115 millions de dollars constituent effectivement une bonification, affirme Jérémy Wauquier. Quant à moi, Ottawa est encore le mieux placé pour savoir ce qu’il envoyait à Québec.» Il n’est donc pas question d’accepter l’argumentaire de la ministre Courchesne.
Pour en savoir plus sur le dossier du PCBÉ, sur la manifestation du 11 mars ou sur les autres actions entreprises par la FEUS, visitez le site web au http://feus.qc.ca.
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