Un tournoi de hockey, vraiment?
8 mars 2010
Tribune libre
Des passes molles, des joueurs qui s’enfargent dans la ligne rouge, du jeu décousu, des animateurs qui s’emportent pour un rien et des entraîneurs beaucoup trop fake: voilà ce que j’ai retenu de La Série Montréal-Québec, la téléréalité hockey de TVA où, comme son nom l’indique, des joueurs de hockey (inconnus) de Montréal et de Québec s’affrontent dans rien de moins que «La série du siècle», comme nous le rappellent si bien Quebecor et ses filiales.
Vincent Régis
C’est Stéphane Laporte – l’homme derrière Star Académie et Le Banquier, entre autres – qui est à l’origine de cette autre production du groupe Quebecor. L’idée est bien simple: recréer la rivalité Canadiens-Nordiques en opposant les meilleurs joueurs amateurs de la région montréalaise à ceux de la Vieille Capitale dans une série de huit matchs.
L’idée n’est pas mauvaise au départ, mais le résultat, lui, est plutôt décevant. On se retrouve devant ni plus ni moins qu’une série finale… d’une ligue de garage. C’est peut-être intéressant pour le joueur qui jouit d’un certain moment de gloire, mais pour le spectateur, et surtout pour l’amateur de hockey, le spectacle demeure très ordinaire. Le calibre, sans être misérable, n’a rien d’excitant et ne nous accroche pas du tout. Et ce n’est pas comme si les joueurs avaient une saison au complet pour apprendre à se repérer sur la glace et établir une chimie; le manque de cohésion entre les joueurs est frappant, ce qui donne lieu à des erreurs de part et d’autre.
Le véritable problème demeure toutefois dans le concept original: une rivalité ne peut pas être montée de toute pièce. Une rivalité se crée au fur et à mesure, au fil des événements, à la suite de quelque chose de marquant. La haine entre les Canadiens et les Nordiques ne s’est pas installée du jour au lendemain: il a fallu des victoires mémorables, des défaites amères, des coups salauds, des insultes bien senties et des erreurs d’arbitrage (!) pour en arriver à déchirer un peuple tout entier.
Sachant très bien qu’il n’a pas le temps nécessaire ni le niveau de jeu propice à engendrer des confrontations mémorables, le réseau TVA joue très agressif et impose la rivalité: cahiers spéciaux dans les journaux, articles promotionnels, commentateurs excessifs, décisions douteuses des arbitres, micros dans les vestiaires, entraîneurs exubérants et crises de nerfs pas du tout scénarisées.
Il fallait d’ailleurs voir Michel Bergeron, l’entraîneur de l’équipe Québec, enguirlander l’officiel Ron Fournier en direct, puis remettre en doute sa participation à la série le lendemain, pour enfin s’excuser de son comportement, les larmes aux yeux, comme s’il s’agissait d’une adresse à la nation, le tout sous une musique dramatique. Ou Patrice Brisebois et Bob Hartley, deux entraîneurs-assistants, en venir presque aux coups, se lançant des «Ta yeule» dans une mise en scène pas crédible pour deux sous et digne des pires films de série B.
Finalement, La Série Québec-Montréal se veut tout autre chose qu’un tournoi de hockey. Les producteurs ont préféré miser sur le divertissement et sur l’aspect émotif et ont décidé d’en faire un show. Tout ça, malheureusement, au détriment du plus beau sport au monde.
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3 réponses à “Un tournoi de hockey, vraiment?”
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Pareil comme si j’avais écrit l’article moi-même mais sans mes fautes d’orthographes ;o)
Sérieusement, ce qui me désole le plus dans tout ca, c’est qu’on essaie de diviser encore plus les 2 belles villes de Montréal et Québec plutôt que de les unir. Montréal et Québec, c’est une grande et une petite soeur qui devraient apprendre à s’aimer plutôt qu’a se détester. Me semble.
Au moins y a pas de coup à la tête…
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