Ça y est, c’est signé. Le café CAUS assurera les services alimentaires à l’Université de Sherbrooke jusqu’en 2014.
Isabelle Morin
Comprenons la situation
Depuis cet été, ce n’est plus Chartwells, mais le Café CAUS qui assure les services alimentaires partout à l’Université de Sherbrooke. Si le contrat de Chartwells se terminait le 13 août 2009, le Café CAUS s’installait le lendemain avec un projet de coopérative de solidarité solide pour l’avenir des services de cafétéria à l’Université de Sherbrooke. La nouvelle organisation se mettait en place avec un contrat de gré à gré, cet automne, pour faire une démonstration concrète de ses capacités. Le 11 février dernier, Kristalna Vincent et Christelle Lison d’une part, Martin Buteau et Hugues Grand’Maison d’autres part ont signé le bail qui les lie, ce qui assure la place du Café CAUS à l’Université de Sherbrooke jusqu’en 2014 au moins.
Ce projet de coopérative n’est pas né d’hier. Il a démarré quand l’Association générale des étudiants de la faculté des lettres et sciences humaines (AGEFLESH) a voulu prendre en charge son café facultaire. L’Université de Sherbrooke s’opposait d’abord à l’idée, ne souhaitant pas composer avec plusieurs organisations alimentaires sur le campus. La chargée de projet de l’époque, Kristalna Vincent, et ses associés ont travaillé sur le projet pour qu’il devienne réalité. Maintenant présidente, madame Vincent assiste à l’installation concrète, pour les quatre années à venir, du Café CAUS à la cafétéria principale et dans cinq cafés facultaires du campus principal: lettres et sciences humaines, Gigi (droit et éducation), administration, génie et sciences.
Une coopérative? Mais encore…
L’avantage le plus considérable, pour la communauté universitaire, d’avoir accès aux services d’une coopérative plutôt qu’à ceux d’une compagnie privée est de pouvoir profiter des bénéfices du Café CAUS, qui sont réinvestis pour la communauté. Bien entendu, l’objectif, pour la coopérative, est d’être rentable; le but n’est donc pas nécessairement de faire des bénéfices. Le Café CAUS considère tout de même comme importante l’idée d’être partenaire de l’Université de Sherbrooke, et non seulement pour assurer des services alimentaires. L’organisation s’implique en participant à plusieurs projets universitaires et en commanditant des évènements ayant lieu sur le campus. Parmi ceux-ci, le Café CAUS a participé, entre autres, à la Journée de la recherche, au Spectacle pour Haïti et à la Journée sans voitures.
En outre, le nouveau service de cafétéria a gelé les prix des aliments, malgré la fluctuation continue du marché. Si certains étudiants se plaignaient de ne pas voir les prix diminuer à la suite du changement d’entreprise, on leur a fait remarquer que de les geler était équivalent. Le changement est aussi constaté dans les menus du Café CAUS. Comme les cafés facultaires détiennent des besoins distincts et des espaces restreints, c’est surtout la cafétéria centrale, située au pavillon multifonctionnel, qui a subi ces modifications. Les chefs possèdent une plus grande liberté de choix de menus et sont libres d’en proposer. L’augmentation de la qualité de la nourriture est d’ailleurs remarquée par les étudiants et les services de l’Université.
Il faut également tenir compte de l’importance, pour le Café CAUS, du développement durable. L’organisation continue dans la même lignée que Chartwells en installant des bacs de recyclage. Aussi, elle offre de la vaisselle compostable et se soucie de l’achat local en faisant affaire avec des entreprises sherbrookoises.
Qu’espérez-vous pour le futur?
La planification stratégique à court, moyen et long terme vient d’être effectuée pour la coopérative. Il a d’abord fallu restructurer les postes, étant donné que l’installation du Café CAUS s’est faite très rapidement cet été. La phase de changement est maintenant entamée. La coopérative espère pouvoir réaliser son projet de bistro universitaire, qui, idéalement, sera en place en janvier 2011. Il est aujourd’hui question de l’aspect pratique; normes de propreté, espace à réutiliser, considérations pratiques de ventilation et plans architecturaux doivent être vérifiés attentivement. L’équipe du Café CAUS médite également sur différents projets de développement durable, dont la possibilité de vaisselle durable dans les cafés facultaires et la vente de nourriture biologique et équitable.
Toutes ces idées semblent passionner Christelle Lison, vice-présidente du Café CAUS. Cependant, à la fin du contrat, la mission et les différentes visions du Café CAUS seront révisées. L’équipe devra continuer à travailler fort, car, comme l’explique madame Lison: «Dans quatre ans, on pourrait repartir en appel d’offre [et, pour éviter cela], on doit avoir fait nos preuves.»





avril 6th, 2010 at 11:12
L’idée part bien avant l’AGEFLESH, il y a déjà eu les café pirate sur le campus qui a laissé un gout plutôt amer au rectorat…