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Categorized | Culturel

Coin des poètes

Posted on 08 mars 2010 by admin


Derrière une porte

Derrière une porte

Dans un motel miteux
Où les tapis sont sales
Où le lit l’est aussi
Une salle de bain

Rouge

Comme

Peut-être l’amour

La fenêtre donne sur une ruelle
Où se stationne

La pègre

Elle enlève ses vêtements
Et…

Le regard s’attendrit

Impasse

Tu n’es plus là
La chambre est vide

J’y ai mis un bureau

Juste sous la fenêtre

Certains soirs
Je regarde au travers

Je n’y vois rien

Oui, tombe la neige
Oui, passent les passants

Mais, cette rue est sans issue

Tu le sais bien

Plusieurs voitures y tournent en rond
Les chattes, les chiens ne dépassent jamais leur gazon
Les maisons sont figées
Comme s’il n’y avait rien à espérer

Les seules lumières

Des lampadaires

Ma mère me dit souvent
Que ton départ

Est ce qu’il pouvait m’arriver de mieux

Indécision

Je te sens ailleurs
Comme au bord d’une autoroute

Dans un char qui pourrait rouler vite

Mais qui pèse toujours sur le break

Qui se range sur le côté

Qui fait descendre le passager

Au beau milieu de nulle part

Premier pas

Le sol n’est pas certain
Je pourrais facilement tomber au milieu de vous

Me noyer entre deux répliques banales

Tant de fois répétées

Mon être s’incarne
Se dresse

Perpendiculaire à l’horizon plat

Je vous regarde, je ne vous vois pas

Il y a tant de lumières closes

Sonnerie

Trois heures et vingt
Du matin

C’est l’heure

De la fermeture des bars

Tu m’appelles
Toujours trop tard

Pour me dire que tu m’aimes

Transfert

Ses yeux tristes se bercent
Entre l’air

Et les murs

Des verres remplis de miséricorde

Que tu le veuilles
Ou non

Tu vas en tuer une des deux

Pas moi

Je déverse
Sur sa table

Celui qui ne tombera pas

C’est un peu toi et moi

Et tu caresses cette haine

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