
Derrière une porte
Derrière une porte
Dans un motel miteux
Où les tapis sont sales
Où le lit l’est aussi
Une salle de bain
Rouge
Comme
Peut-être l’amour
La fenêtre donne sur une ruelle
Où se stationne
La pègre
Elle enlève ses vêtements
Et…
Le regard s’attendrit
Impasse
Tu n’es plus là
La chambre est vide
J’y ai mis un bureau
Juste sous la fenêtre
Certains soirs
Je regarde au travers
Je n’y vois rien
Oui, tombe la neige
Oui, passent les passants
Mais, cette rue est sans issue
Tu le sais bien
Plusieurs voitures y tournent en rond
Les chattes, les chiens ne dépassent jamais leur gazon
Les maisons sont figées
Comme s’il n’y avait rien à espérer
Les seules lumières
Des lampadaires
Ma mère me dit souvent
Que ton départ
Est ce qu’il pouvait m’arriver de mieux
Indécision
Je te sens ailleurs
Comme au bord d’une autoroute
Dans un char qui pourrait rouler vite
Mais qui pèse toujours sur le break
Qui se range sur le côté
Qui fait descendre le passager
Au beau milieu de nulle part
Premier pas
Le sol n’est pas certain
Je pourrais facilement tomber au milieu de vous
Me noyer entre deux répliques banales
Tant de fois répétées
Mon être s’incarne
Se dresse
Perpendiculaire à l’horizon plat
Je vous regarde, je ne vous vois pas
Il y a tant de lumières closes
Sonnerie
Trois heures et vingt
Du matin
C’est l’heure
De la fermeture des bars
Tu m’appelles
Toujours trop tard
Pour me dire que tu m’aimes
Transfert
Ses yeux tristes se bercent
Entre l’air
Et les murs
Des verres remplis de miséricorde
Que tu le veuilles
Ou non
Tu vas en tuer une des deux
Pas moi
Je déverse
Sur sa table
Celui qui ne tombera pas
C’est un peu toi et moi
Et tu caresses cette haine

