Le 24 février dernier, lors de son intervention dans le cadre des résultats du sommet européen informel de début février, le président du Conseil de l’Union européenne a été fortement pris à partie par un «eurosceptique», l’Anglais Nigel Farage, qui l’a tout bonnement traité de «serpillère mouillée».
Christelle Lison
En plus de s’entendre sur une déclaration commune quant à la crise financière que connaît la Grèce, Herman Van Rompuy s’était présenté devant les eurodéputés pour leur faire un état de la situation socio-économique des 27, de même que les conclusions sommaires des discussions amorcées pour la nouvelle stratégie socio-économique de l’Union européenne à l’approche de 2020. Selon la loi qui régit le parlement, Herman Van Rompuy n’était pas tenu d’informer les eurodéputés des résultats d’un sommet informel.
Cette marque de respect n’a pas empêché un «europhobe», l’Anglais Nigel Farage, de malmener le président du Conseil de l’Union européenne. «Le président de l’Europe doit être le leader de 500 millions d’Européens et il a un job aussi important que celui du président Obama. Mais j’ai peur de ce que nous avons avec vous […] Je ne veux pas être malpoli mais, vraiment, vous avez le charisme d’une serpillière mouillée et l’apparence d’un employé de banque. Et la question que je veux vous poser, c’est qui êtes vous?, a déclaré Farage, avant de poursuivre. Je n’ai jamais entendu parler de vous! Personne en Europe n’a jamais entendu parler de vous! Je voudrais vous demander, président, mais qui donc a voté pour vous? Mais je sais que vous êtes capable, compétent et dangereux et je suis certain que votre objectif, c’est d’être celui qui tuera la démocratie européenne et la notion même d’État-Nation. Peut-être parce que vous venez de Belgique qui est une sorte de non-pays, alors je vous le dis, on ne vous connaît pas, on ne vous veut pas et plus vite vous débarrasserez le plancher, mieux ce sera».
Bien qu’il ait pris la peine de répondre à l’ensemble des questions qui lui étaient posées, Herman Van Rompuy n’a pas jugé pertinent de répondre à l’attaque de Nigel Farage. Par contre, deux eurodéputés ont proposé à leur collègue britannique de sortir de l’Union (en appliquant l’article 9 du Traité) ou encore de rendre son mandat d’eurodéputé.
Scandalisé non seulement pour Herman Van Rompuy, mais également pour son pays qui a été traité de «non-pays», le Premier ministre belge, Yves Leterme, a salué l’intervention du président du Parlement européen, le Polonais Jerzy Buzek, à la suite des insultes adressées à Herman Van Rompuy. «Je tiens […] à vous remercier de votre réaction immédiate par laquelle vous avez dénoncé le caractère intolérable des propos prononcés.» En effet, Jerzy Buzek avait déclaré que «de telles atteintes personnelles ne sont pas tolérées» dans l’hémicycle.

