Vous êtes tannés du Canadien de Montréal, qui peine à se qualifier pour les séries éliminatoires et qui est (sans doute) au bord de l’élimination au moment où vous lisez ces lignes, si ce n’est pas déjà fait? Vos oreilles vous font mal en écoutant notre Benoît Brunet national? Vous vous ennuyez de Georges Laraque, de Tom Kostopoulos, d’Aaron Downey et même de Garth Murray, ces pros des poings et du «dumping»? Vous ne cessez de vous demander ce qu’est devenu cet obscur choix de 12e ronde du CH en 2001? Ne cherchez plus, la LNAH est pour vous, ici même, à Sherbrooke.
Vincent Régis
Pour les non-initiés, la Ligue nord-américaine de hockey (LNAH), défunte Ligue de hockey semi-professionnelle du Québec, est surtout reconnue, malgré les efforts des dirigeants, comme un circuit où la violence gratuite, les bagarres générales, les coups salauds et les partisans un peu trop éméchés font partie intégrante du
jeu; vous n’avez qu’à entrer dans un des arénas de la Ligue pour comprendre l’atmosphère qui y règne. D’ailleurs, ne soyez pas surpris si votre voisin de siège en est à sa quatrième consommation quand vous arriverez, avant même le début du match, et si une bagarre éclate entre les douze joueurs sur la patinoire, encore une fois, avant le début du match. J’exagère, mais à peine.
Et pour ceux qui ne le savaient pas, la LNAH possède depuis sept ans, en ces terres estriennes, une franchise du nom de Saint-François de Sherbrooke qui dispute ses matchs à domicile au palais de sports Léopold-Drolet. Le SF, pour les intimes, s’est même qualifié pour la série finale de la Ligue, de quoi faire changement de nos Glorieux! En effet, comme il n’y a que sept équipes au total dans le circuit et que seules quatre participent aux séries éliminatoires, les hommes d’Éric Dandenault n’ont eu besoin que de quatre petits matchs pour défaire le CIMT de Rivière-du-Loup en demi-finale et ainsi être les aspirants de la coupe Futura remise à l’équipe championne.
C’est la troisième fois de son histoire que le Saint-François se rend en grande finale, alors qu’il avait remporté les grands honneurs en 2006 avant d’échapper le trophée aux mains des Chiefs de Saint-Jean-sur-Richelieu la saison suivante.
Au moment où vous lirez ces lignes, il affrontera probablement le CRS de St-Georges, qui menait sa série 3-1 face aux Marquis du Saguenay. C’est donc toute une série à prévoir puisqu’on y verra le meilleur pointeur en saison régulière de la ligue, Jean-François Boutin, du Saint-François et le meilleur pointeur en séries éliminatoires, Kevin Cloutier, du CRS, qui compte déjà 18 points en 9 parties éliminatoires, en plus des pugilistes Simon Robidas (Saint-François) et Cody Doucette (CRS), les 5e et 6e joueurs les plus pénalisés du circuit au cours de la plus récente campagne.
Bref, si vous voulez vivre un printemps de hockey victorieux, oubliez le Tricolore; fiez-vous plutôt au Saint-François, qui vous donnera peut-être la seule coupe que vous verrez de votre vie!


