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Categorized | Société

Meurtre d’Eugene Terre’Blanche

Posted on 19 avril 2010 by admin

Le meurtre du leader du parti extrémiste blanc sud-africain, Eugene Terre’Blanche, fait ressurgir, à quelques mois de la première Coupe du monde en Afrique, des vieux démons que l’on pensait à jamais disparus. La Nation arc-en-ciel, comme on aime l’appeler, n’a jamais été aussi divisée: reprise des chants zoulou appelant aux meurtres des boers, attroupements de défiance des uns envers les autres et appels au réarmement de la part des anciens afrikaners. On se croirait dans une ambiance rappelant les sombres heures de l’apartheid.

Joël Mebada

Eugène Ney Terre’Blanche est né le 31 janvier 1941 et a été assassiné le 3 avril 2010, à la suite d’une altercation avec certains de ses ouvriers noirs venus lui réclamer leurs salaires. L’incident, bien que malencontreux, ne semble donc pas, à priori, avoir été commandité. Cependant, il semble ébranler les fondations de la nation sud-africaine.

Pour comprendre le déchainement de passions que provoque la mort du chef du mouvement de résistance afrikaner (Afrikaner Weerstandsbeweging-AWB), il faut se remémorer qu’Eugène Ney Terre’Blanche et son parti ont tout fait pour que l’Afrique du Sud telle qu’on la connaît aujourd’hui ne voie pas le jour, allant jusqu’à commettre des actes terroristes pour empêcher la tenue de pourparlers de paix entre Nelson Mandela et Willem de Klerk. Son action ayant échoué, le leader extrémiste s’était mis en tête de créer un pays pour les «afrikaners» à l’intérieur de l’Afrique du Sud. Malheureusement, cette nouvelle initiative connaîtra le même sort que la première. Les actions posées par le chef afrikaner lui vaudront tout de même de passer deux ans en prison.

L’Afrique du Sud, au lendemain de la fin du régime de l’apartheid, a mis en place des juridictions qui s’apparentaient à des tribunaux d’exception, les fameuses commissions de vérité et réconciliation, qui étaient dirigées au niveau national par l’archevêque anglican et prix Nobel de la paix Desmond Tutu. Aujourd’hui, force est de reconnaître que ces juridictions n’ont pas véritablement permis à la Nation arc-en-ciel de se réconcilier avec elle-même. C’est dû au fait que les inégalités économiques qui existaient au sein des populations sont toujours présentes. Les boers (descendants des premiers colons européens), comme aiment les appeler si affectueusement les noirs sud-africains, continuent de monopoliser la grande majorité des terres cultivables du pays. De plus, aucun changement significatif n’a été enregistré à la tête des grandes entreprises du pays, qui sont d’ailleurs pour la plupart toutes privées. Enfin, même si un effort louable a été entrepris pour moderniser la vie dans les townships, par la mise en place de programmes gouvernementaux, pour améliorer, entre autres, les soins de santé et procurer des logements décents aux habitants de ces quartiers, il n’en demeure pas moins que l’immense majorité continue de vivre dans la misère la plus extrême, provoquant des tensions raciales qui ont connu leur point culminant avec la disparition d’Eugène Terre’Blanche.

Si la communauté internationale s’est autant intéressée à cet incident, c’est que le monde sera l’hôte de l’Afrique du Sud dès juin prochain pour la Coupe du monde de soccer. De plus, les récents événements survenus en Angola relancent le doute sur la capacité de tout un continent à organiser un événement de cette ampleur.

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