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Tant… mieux?

Posted on 19 avril 2010 by admin

Je n’y croyais plus, et voilà. Comme d’habitude, comme chaque fois qu’on ne l’attend pas et contrairement à toutes ces fois où on l’attend, le Canadien s’est qualifié pour les séries. Lâchement, oui. En perdant ses trois derniers matchs de la saison face à trois clubs qu’il aurait dû battre. Mais le Canadien est en série, et comme un printemps sans Canadien, c’est moche et long, on est content. Alors tant mieux, non?

Jessica Lapinski-Dejardin

Non! Enfin, oui et non. Il faudrait vraiment être sans cœur pour être déçu que le Canadien se soit qualifié pour les séries éliminatoires. La fièvre des séries, c’est un incontournable du printemps au Québec, comme le sirop d’érable. Mais en même temps, comment peut-on se réjouir de voir le Canadien entrer dans la danse printanière par la petite porte année après année? Surtout après la saison 2007-2008, qui nous avait donné un avant-goût de ce que c’est, un club champion.

Le problème avec les performances du Canadien au cours des dernières saisons, c’est qu’elles maintiennent le club dans une relative médiocrité. L’an dernier, Bob Gainey a conclu par un grand coup de balai ce qui restera probablement dans les annales comme la saison la plus décevante du club. Exit les Saku Koivu, Alex Kovalev et Mike Komisarek, bref, le cœur et l’âme de l’équipe au cours des saisons passées. Bonjour les Scott Gomez, Brian Gionta, Hal Gill (?), des joueurs qui, eux, connaissent ce que c’est, la victoire. Mais malgré tout ces changements, la situation demeure la même. Le Canadien est encore une équipe trop petite, trop moyenne et sans assez de cœur pour aspirer aux grands honneurs. Maurice Richard doit se retourner dans sa tombe.

Avec le Tricolore, on dirait que plus ça change, plus c’est pareil. C’est une formation toujours à la recherche d’un gros centre de premier trio. Une formation qui se replie toujours sur elle-même en fin de match, surtout lorsque l’avance est fragile. Une équipe qui bataille toujours dans l’ombre, pour finalement terminer au huitième rang de sa conférence. Et ce, malgré les fréquents changements d’entraîneurs, malgré que les jours en qui ont formé cette équipe pendant cinq ans se retrouvent maintenant éparpillés aux quatre coins de la Ligue.

Plus longtemps le Canadien se maintiendra parmi les équipes de milieu de peloton, plus ce sera long avant qu’il y ait de vrais changements au sein de l’équipe. Des changements au septième étage du Centre Bell. Ceux qui feront vraiment progresser le club et qui lui permettront, comme il l’a fait pendant près de 100 ans, de se battre pour les grands honneurs.

Un peu de magie

Ce qui demeure quand même magique avec le Canadien, c’est que malgré ses performances souvent décevantes au cours de la dernière décennie, il a toujours le don de faire rêver ses partisans.

On n’a qu’à penser à la première ronde des séries éliminatoires en 2003-2004, quand le CH, avec ses joueurs très moyens (Pierre qui?), avait comblé un déficit de 1-3 dans la série qui les opposait aux puissants Bruins de Boston.

Ou à l’incroyable saison 2007-2008 quand, même si personne ne le voyait là, le Canadien a connu sa meilleure saison en 20 ans. Une saison qui a sans aucun doute culminé avec l’inoubliable remontée face aux Rangers.

Peut-être a-t-on trop d’espoir. Peut-être a-t-on été trop gâtés par le passé. Mais il restera toujours que même s’il ne sera plus jamais le club qu’il a été pendant 100 ans, le Canadien nous offre encore, année après année, une raison de rêver.

Rêvera-t-on encore cette année?

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