Nouveau mini-scandale pour le Vatican: le bras droit du Pape, Tarcisio Bertone, a lié le problème de pédophilie chez les prêtres à celui de l’homosexualité alors qu’une question lui était posée sur le célibat des prêtres.
Alexandre Bonnet
Après la cascade de révélations de scandales pédophiles dans l’Église catholique, le Vatican ravive la polémique. C’est sur une radio chilienne que le cardinal Tarcisio Bertone, bras droit du pape Benoît XVI, a lancé lundi soir: «De nombreux psychiatres et psychologues ont démontré qu’il n’existe pas de relation entre le célibat et la pédophilie, mais beaucoup d’autres – et on me l’a dit récemment – ont démontré qu’il existait un lien entre l’homosexualité et la pédophilie. La vérité est celle-ci et le problème, c’est cela.» Le responsable religieux répondait à une question qui lui suggérait que la fin du célibat des prêtres pourrait résoudre les problèmes de pédophilie au sein de l’Église catholique. Officiellement, l’Église considère l’homosexualité comme «un dérèglement», qu’elle «ne condamne pas absolument» mais «n’approuve en aucun cas».
Le rapprochement que Tarcisio Bertone établit entre pédophiles et homosexuels n’a pas manqué de susciter la réaction indignée d’associations de défense des droits des homosexuels au Chili: «Ni Bertone, ni le Vatican, n’ont l’autorité morale pour offrir des leçons de sexualité», a estimé Rolando Jimenez, président du mouvement pour l’intégration et la libération homosexuelle au Chili. Selon lui, il n’existe aucune étude pouvant étayer les propos du cardinal Bertone. «Il s’agit d’une stratégie perverse du Vatican, qui cherche à fuir sa propre responsabilité», a-t-il poursuivi, avant d’expliquer que l’un des scandales majeurs de prêtres pédophiles au Chili avait mis en cause un ecclésiastique qui avait mis enceinte une jeune fille.
Longtemps accusé d’opacité sur les scandales pédophiles, le Vatican a pourtant tenté de prendre le problème à bras-le-corps. Le 12 avril dernier, il a mis en ligne, pour les diocèses, les procédures à suivre en cas d’abus sexuels, dont les coupables doivent «toujours» être dénoncés à la justice. Lors de sa visite au Chili, Tarcisio Bertone a par ailleurs annoncé «d’autres initiatives à l’étude» en la matière. Sans donner plus de détails, il a lancé que «cela ne manquerait pas de surprendre». Toutefois, le mois dernier, le pape Benoît XVI a coupé court au débat sur le célibat des prêtres, en excluant de modifier une pratique remontant au XIIe siècle et en déclarant que la chasteté était un don de Dieu et qu’il ne fallait pas l’abandonner sous la pression de «modes culturelles passagères».

