L’obéissance: un avantage pour les chiens!

19 mai 2010

Les travaux de recherche de Vincent Careau, étudiant au doctorat en biologie, suscitent un grand engouement et des débats. L’étudiant vient de démontrer que la personnalité des chiens influence leur longévité.

Vanessa Whalen

Son objectif était de répondre à une hypothèse soulevée par plusieurs biologistes depuis quelques années. Celle-ci prétend qu’il y a un lien entre la personnalité et la dépense énergétique des chiens, ce qui affecterait leur durée de vie. Suivant cette logique, les animaux agressifs et têtus dépenseraient leur énergie de manière plus intense et auraient donc une vie relativement courte. En revanche, les animaux calmes et obéissants vivraient plus longtemps.

Au départ, Vincent Careau éprouvait certaines réserves à présenter cette idée de recherche peu banale au comité qui encadre son projet de doctorat. «À ma grande surprise, le comité l’a jugée très intéressante». Les résultats de l’étude de Vincent Careau ont même fait l’objet d’un article qui est paru, en avril dernier, dans la prestigieuse revue The American Naturalist.

On sait déjà que les petits chiens vivent plus longtemps que les gros et que d’une race de chiens à l’autre, il y aura un scénario différent en ce qui a trait à la durée de vie. Certaines races de chiens sont plus enclines à éprouver des problèmes au cours de leur vie que d’autres. Toutefois, ce que Vincent Careau a découvert, c’est que l’obéissance, ou autrement dit la personnalité, est déterminante sur la longévité.

Pour vérifier cette théorie, l’étudiant au doctorat s’est appuyé sur des données concernant la biologie du chien, et ce, à partir de diverses sources. Des ouvrages sur la «psychologie» des chiens, des recherches dans le domaine vétérinaire et même des données de compagnies d’assurances vie de chiens, en provenance de pays scandinaves, lui ont servi dans ses recherches.

La personnalité et les dépenses énergétiques

En utilisant les données de ces différentes sources, Vincent Careau a trouvé que des chiens obéissants, comme les bergers allemands, vivent plus longtemps que d’autres espèces de taille similaire. Par contre, les races plus têtues, comme les beagles, meurent généralement plus tôt. Il a ensuite analysé les questions de «train de vie» et de dépense énergétique chez certaines races. L’étudiant a trouvé que l’agressivité, un autre trait de caractère, est reliée aux dépenses d’énergie. Ainsi, les chiens calmes, comme les labradors, ont tendance à brûler moins d’énergie par kilogramme que ne le font les chiens bagarreurs, comme les fox-terriers.

Selon le chercheur, la personnalité, le train de vie et les besoins énergétiques sont, d’une certaine manière, génétiquement liés. «Les recherches sur la personnalité et sur les traits biodémographiques sont très en vogue actuellement, dit-il. Cela nous amène à analyser des données sur la fertilité, la croissance, la longévité et la personnalité, par exemple l’âge à la première reproduction, la taille de la portée, et la durée de vie. Ultimement, on cherche à mieux connaître les grandes lignes du train de vie.»

L’étudiant souhaite vérifier si ses conclusions s’appliquent à d’autres mammifères. Pour ce faire, il compte analyser des données expérimentales compilées sur des souris captives ainsi que sur une population de tamias sauvages.

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