En mai, on pense à sortir nos gougounes colorées, nos lunettes de soleil dernière tendance, notre col en V le plus hot… mais vous avez oublié que, chaque année, le printemps annonce aussi le début des ateliers-théâtre du Double signe à Sherbrooke!
Émilie Monette
Cela fait déjà 25 ans que le Printemps des ateliers-théâtre fait vivre toute une gamme d’émotions chez les spectateurs, les participants et les animateurs à Sherbrooke. C’est en 1985 que Patrick Quintal et Laurence Tardi ont voulu «faire faire du théâtre» dans le plaisir. Œuvrant eux-mêmes en tant que metteurs en scène, auteurs ou comédiens professionnels, ils ont voulu créer ces ateliers pour laisser libre cours à l’imagination, au talent et à la créativité qui bouillent dans la région de l’Estrie. Grâce à une démarche pratique, les participants sont conviés à donner tout ce qu’ils ont devant les autres en faisant des exercices d’interprétation et de dépassement de soi, même si, pour la première fois, c’est un petit peu gênant.
Du neuf pour 2010
Afin de souligner la 25e édition, le Double signe a voulu rafraîchir son logo et a fait appel à un porte-parole. Le candidat parfait: Richard Turcotte. Ce dernier est passé par les planches du Théâtre Léonard-Saint-Laurent grâce aux ateliers-théâtre. Cette expérience a changé sa vie et il est fier d’y avoir participé dans sa jeunesse.
Cet animateur radio travaille présentement pour un scénario de film, a 300 représentations de théâtre derrière la cravate et œuvre sur le spectacle Beatles Story à titre de narrateur, comédien et metteur en scène. «Aujourd’hui, quoi que je fasse, c’est pas toujours facile, mais j’essaie d’être dans le moment présent. Ça aussi c’est assez important comme legs de nos amis les animateurs.» a-t-il affirmé lors du lancement. Il a également raconté une anecdote et salué son animatrice, Lilie Bergeron, qui l’a poussé à faire sortir sa boule d’émotions.
La piqûre
Valérie Camiré, une vraie passionnée de théâtre, est l’une des grandes fidèles aux ateliers, et ce, depuis huit ans: «Je suis vraiment connectée avec Pascale, j’aime sa façon de diriger et elle prend toutes les idées des autres.» À l’âge de 15 ans, Valérie Camiré s’est inscrite aux ateliers et elle s’est vite nourrie de cette drogue théâtrale sans effet nocif pour la santé, bien au contraire. Lorsqu’elle a fait la rencontre de Pascale Tremblay, metteure en scène et comédienne estrienne très active dans la région, la jeune femme a eu la piqûre: «Je ne peux pas m’imaginer arrêter. Pour moi, le théâtre, c’est ma deuxième famille.»
Les animateurs
Ce n’est pas seulement une belle expérience pour les participants ou les spectateurs, car les animateurs sont les maîtres de ces ateliers. Pascale Tremblay avait les yeux brillants lorsqu’elle m’a confié à quel point «c’est beau de les voir évoluer», en parlant des participants (chômeur, médecin, travailleur dans le domaine de la santé, vendeur de foyers, étudiant, etc.). Le fait qu’il y ait des gens provenant de différentes réalités n’est pas un inconvénient d’après Sylvain Carrier: «c’est là le trip aussi d’avoir des gens qui ne se seraient jamais croisés et que, tout à coup, ces gens s’amusent ensemble.» Jean-François Hamel a tout de suite voulu clarifier que: «ce n’est pas une formation en théâtre, on n’est pas à leur apprendre quoi que ce soit, puisqu’on a besoin de faire en sorte que, lors du spectacle, ils seront outillés suffisamment pour se dégêner et pour embarquer dans le spectacle». Christine Pinard, elle, «y va beaucoup avec l’adaptation, de l’écoute» et pour Patrick Quintal, les ateliers «créent une synergie incroyable» entre les nouveaux et les anciens participants. Celui-ci est d’ailleurs très heureux «de voir Alexandre Leclerc, un ancien, donner maintenant les ateliers du Double signe», car «c’est un beau retour d’ascenseur!»
Une explosion de spectacles multicolores
Pour les semaines à venir, on doit noter à notre emploi du temps la création collective Tours de table, du directeur artistique de la compagnie, Patrick Quintal. En automne dernier, il a fait écrire ses apprentis sur le thème de la nourriture. Le temps est venu de découvrir ce qu’ils ont préparé au menu du 19 au 22 mai à 20 h au Théâtre Léonard-Saint-Laurent, situé au 200, rue Peel à Sherbrooke. La semaine suivante, du 26 au 29 mai, la pièce Pour faire une histoire courte, mise en scène par André Gélineau, nous présente des univers troubles de bon nombre de personnages et «où l’identité de chacun est sans cesse remise en question». Ce n’est pas tout, car Tout ce qui est debout se couchera du 2 au 5 juin pour le groupe de Pascale Tremblay. La mort se présente sous plusieurs facettes à l’endroit où travaillent Grand D. et Petit K., tous deux techniciens dans un centre hospitalier. Pour boucler la boucle, on verra le Code 99 du 9 au 12 juin à 20 h, mis en scène par Christine Pinard. À la pause ou après le travail, de jeunes sondeurs discutent du véritable sens des choses de la vie. Bref, des spectacles hauts en couleur!
Les ateliers en chiffres
Le Printemps des ateliers-théâtre a rendu le théâtre accessible en région, telle est la devise de la maison, mais c’est aussi 136 textes montés, 1608 participants, 544 représentations et plus de 69000 spectateurs, sans compter que plusieurs artistes connus sont issus des ateliers, comme Maxim Gaudette (Polytechnique), Marianne Moisant (R-Force à Vrak TV), Érika Tremblay-Roy (Tante T.) et, bien sûr, Richard Turcotte, animateur à la radio et porte-parole cette année des ateliers-théâtre du Double signe.
Pour tous les détails sur la programmation ou même pour de plus amples informations à propos des inscriptions annuelles, soit les 2, 3 et 4 septembre prochain, rendez-vous sur le site www.doublesigne.ca!


