Dur de distinguer la vie privée et la vie publique pour les personnalités notoires. Qu’il s’agisse de sportifs professionnels, de politiciens ou de vedettes du cinéma, le droit à la vie privée ne fait guère le poids devant une horde de journalistes prêts à tout au nom du droit à l’information.
Chakim Adel Remila
Pourtant, toutes les personnalités publiques n’ont pas les mêmes responsabilités sociales. Un homme politique n’a donc pas le même devoir de transparence en matière de vie privée qu’un sportif professionnel. S’il est d’intérêt public de connaître le genre de fréquentations d’un ministre, l’est-il autant pour un joueur des Canadiens?
Certes, un sportif professionnel qui endosse une panoplie de causes sociales se doit d’afficher un comportement exemplaire. Aussi, celui qui arborera les couleurs nationales se doit de les honorer sans qu’aucune frasque insolite vienne ternir l’image du pays.
Pourtant, Didier Deleule, professeur de philosophie et auteur du livre Le football, que nous apprend-il sur notre vie sociale?, affirme que le sportif professionnel «n’a pas à être exemplaire dans sa vie privée. C’est un joueur, il remplit son contrat, il travaille. Par conséquent, il peut être l’objet de la vindicte publique ou de l’adulation du public, deux choses excessives, mais qui n’ont rien à voir avec la représentation qu’est un match de football par rapport à la société globale.»
La voix de M. Deleule se fait entendre alors que trois membres de l’équipe de France de soccer sont confrontés à un scandale sexuel aux allures de prostitution juvénile. Récapitulons les faits: la jeune prostituée Zahia D. a déclaré à la Brigade de répression du proxénétisme avoir eu des relations avec Franck Ribéry en 2009 et avec Karim Benzema en 2008 alors qu’elle était encore mineure, ainsi qu’une relation tarifée avec Sidney Govou en mars 2010 quand elle était majeure.
Les allégations de madame Zahia sont graves, mais ne peuvent être prouvées pour l’instant. Ce qui a poussé M. Deleule à se demander pourquoi l’identité des suspects avait été révélée: «Dans des affaires comme ça, explique-t-il, on évite d’habitude de donner les noms, alors qu’ici, les noms ont été donnés d’emblée. Il y a là quelque chose qui ressemble à de l’outrance.»
Dans un tel cas, force est d’admettre que les professionnels du sport sont victimes d’un double standard attribuable à l’hypermédiatisation des vedettes et des personnalités publiques. «On dirait qu’on n’est pas des êtres humains! dénonce Benzema, un des trois joueurs français impliqués dans la sordide affaire de moeurs. Ce n’est pas la première histoire, il y a eu beaucoup de joueurs connus qui ont eu ces problèmes-là qui étaient innocents. Donc voilà, la justice fait son travail.»
Mais cette situation est-elle normale dans une société qui voue un culte aux gens riches et célèbres? Deleule estime que oui: «Cela fait partie de la peoplisation qui nous accable de plus en plus. Là, on entre dans un domaine qui est celui de la vie privée. Ils ont parfaitement le droit de vivre comme ils l’entendent, ce ne sont pas les seuls à aller aux putes. Naturellement, ça prend une proportion démesurée parce qu’ils sont considérés comme des vedettes, parce qu’on veut absolument attacher à l’image des footballeurs une sorte d’exemplarité dans la vie civile. Mais les footballeurs sont comme les autres. Le problème n’est pas là. Après tout, nos gouvernants ont également, de leur côté, des avatars dans leur vie sentimentale.»
D’un autre côté, il serait malhonnête d’ignorer l’influence omniprésente qu’ont les professionnels du sport sur toute une jeunesse. Dans un tel contexte, il apparaît tout à fait justifié de rapporter tant les bons coups que les mauvais.





septembre 10th, 2010 at 1:54
J’accorde tous les crédits à l’auteur de cet article qui semble apparemment défendre avec férocité les comportements déplacés de ces joueurs, ces presque demies-dieux.
L’abus sur un mineur qu’il soit faite par une célébrité ou par le commun des mortels est un écart de comportement hautement répréhensible qu’il ne faut absolument pas tolérer.
En effet, il inconcevable de laisser en liberté ces pervers qui profitent de l’innocence de nos jeunes fille pour leur petits plaisir douteux, salir au passage leur soi disante réputation, n’est qu’un écho de leurs méfaits.
Appeler ces joueurs professionnels des victimes tandis que cette jeune fille s’est totalement faite exploitée, au sommet de sa jeunesse, est totalement abjecte. Ils sont des modèles pour certains, alors qu’ils agissent comme tels!
Cet article est vraisemblablement le reflet de la pensée d’un accro du foot et d’un homme en plus!