Israël ou le non-respect apparent des règles internationales

16 juin 2010

Dans la nuit du 31 mai au 1er juin 2010, un voyage humanitaire est organisé par des militants pro-palestiniens qui entendaient protester contre le blocus de la bande de Gaza, gouvernée par le Hamas du premier ministre Ismaïl Haniyeh. Ces militants, qui venaient du monde entier, ont eu l’amère surprise de constater qu’Israël ne lèverait pas le blocus en question et qu’il entendait de surcroît les arrêter, même par la force. Bilan: 9 morts.

Joël Mebada

La flottille de la liberté, comme s’était elle-même baptisée l’expédition de paix, affirmait qu’il fallait rappeler au monde son devoir vis-à-vis de la bande de Gaza, et venir ainsi en aide à des personnes qui sont privées de tout depuis plusieurs mois, et ce, sans que personne ne retrouve rien à y redire. Elle transportait donc à cet effet des tonnes de lits d’hôpital, des médicaments, et de la nourriture pour un peuple qui, malgré toutes les épreuves subies, n’a rien perdu de sa dignité. Cependant, comme Israël l’avait annoncé haut et fort, cette expédition, constituée de six embarcations, n’atteindrait jamais les côtes palestiniennes. Elle a été prise d’assaut par des commandos militaires israéliens et manifestement venus pour envoyer un signal fort au monde quant à son intransigeance concernant le blocus de la bande de Gaza.

Le résultat est celui que l’on connaît aujourd’hui: une bavure inimaginable qui n’est pas sans rappeler le fait d’arme précédents du Mossad (assassinat à Dubaï d’un chef du Hamas par un commando d’espions israéliens). De plus, le fait que cette attaque se soit passée dans les eaux internationales cause débat quant à l’intérêt qu’Israël accorde aux règles du droit international.

On peut cependant se réjouir de la réaction des grands leaders de ce monde qui ont tous, dans un élan commun, condamné cette attaque avec la plus grande force; le président palestinien allant jusqu’à décréter trois jours de deuil national pour exprimer l’émotion de tout son peuple. Le premier ministre israélien, en visite en Amérique du nord et présent à Toronto au moment des faits, a apporté son plein soutien à son armée. Par contre, conscient de l’indignation que cette attaque avait suscitée de par le monde, il a renoncé à une rencontre avec le président Barack Obama pour aller gérer la crise personnellement.

À son arrivée à Tel-Aviv, le premier problème rencontré a été celui de la mise en place ou non d’une commission d’enquête internationale, censée faire toute la lumière sur les incidents survenus dans la nuit du 31 mai. La réponse du gouvernement hébreu ne s’est pas fait attendre sur ce sujet, et elle est intervenue par l’intermédiaire du vice-premier ministre israélien Matan Vilnai, par ailleurs ministre de la défense dans le cabinet de l’actuel premier ministre Benjamin Netanyahu, et ancien chef d’état major de l’armée israélienne. Réponse: le gouvernement excluait toute idée d’une commission d’enquête internationale et affirmait être capable de faire son autocritique et d’en tirer ses propres conclusions. Il n’en fallait pas plus pour que la Turquie, qui a perdu neuf de ses citoyens dans l’assaut de l’armée de Tsahal, exige la mise en place de cette commission comme condition sine qua non pour la normalisation des relations avec l’État hébreu, ou au moins la condamnation de ce dernier par le Conseil de sécurité des Nations Unies.

Un sommet sur la sécurité a été organisé à cet effet à Ankara, une semaine jour pour jour après l’assaut israélien. Autour de cette table étaient réunis, autour du premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, les présidents Bachar Al-Assad de Syrie, Mahmoud Abbas de l’autorité palestinienne, Mahmoud Ahmadinejad d’Iran, et Dimitri Medvedev de la Russie. À l’issue de ce sommet, la Turquie espère parvenir à une condamnation d’Israël, chose aisée selon les participants au sommet.

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