Prince of Persia: the Sands of Time, 2010
Géraud Le Carduner
La moyenne, sur Rotten Tomatoes, des 23 derniers films basés sur des jeux? Un pathétique 16,6 %. Il n’est jamais facile de sauter d’un médium à l’autre. Vingt-quatrième tentative, enfin la bonne?
Voilà qu’arrive l’adaptation cinématographique de Prince of Persia, célèbre franchise de jeu de plateformes brillamment ressuscitée par Ubisoft Montréal en 2003. Pour faire court, vous incarnez un prince à l’agilité surhumaine et aux acrobaties dignes du Cirque du Soleil. Une dague magique vous permet de remonter le temps afin d’échapper aux nombreuses incarnations d’une mort qui vous guette à chaque instant, de la fosse hérissée d’épieux à l’ennemi pour le moins belliqueux.
Univers des Mille et Une Nuits, action, magie, scénario qu’il suffisait d’emprunter au jeu. Jerry Bruckheimer et Mike Newell avaient de quoi briser la malédiction des «films de jeux». Réussite? Oui, mais non. Et non.
Oui, car le film est divertissant. Le rythme est haletant, le scénario tient la route, les acteurs jouent le jeu. Les décors, les costumes et les effets spéciaux ont bien profité des 200 M$ de budget.
Mais non, car le film est bête. Les dialogues sont au mieux acceptables, au pire consternants, et trop souvent hurlés dans une cacophonie ridicule. Le scénario accumule les clichés, les blagues éculées et les personnages unidimensionnels.
Et non, car le film est laid. À quoi sert d’engloutir des millions dans des effets visuels somptueux pour ensuite les montrer de la pire des manières? C’est bien simple, les scènes d’action semblent avoir été montées par un épileptique ou par un Michael Bay période Armageddon. Plans de moins d’une seconde, mouvements de caméras trop rapides, flou (pas du tout) artistique… Il aurait été facile de retranscrire l’impression de légèreté du jeu, le parkour de Yamakasi en est la preuve.
À défaut d’être un mauvais film de jeu, Prince of Persia n’est qu’un mauvais film tout court. Dommage. La moyenne passe à 17,6 %, meilleure chance au vingt-cinquième essai.


