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Poésie : Je me souviens; souvenez-vous

Posted on 16 juin 2010 by admin

Je suis jeune, mais je suis vieux; je parle le français et pratique l’anglais. Je suis une minorité dans un grand pays, mais je suis la majorité parmi les miens. J’ai à cœur ma langue, j’ai en tête un rêve: un rêve oublié par une génération, un projet inachevé par mes prédécesseurs.

Je n’oublie pas d’où je viens; je n’oublie pas nos bâtisseurs. Jamais ils ne sont sortis vainqueurs, et, étonnamment, encore aujourd’hui cette langue nous parlons. Soyons-en fiers, parlons-en fort, pour que jamais nous n’oubliions.

De la lame de Montcalm à la verve de Bourgault, en passant par l’humilité de Lévesque, notre chemin s’est dessiné. Nos racines ils ont arrosées et l’arbre a poussé. Bien à vous d’en récolter les fruits et d’en semer les graines, car si aujourd’hui vous en parlez avec peine, moi je le sens dans mes veines.

Souvenez-vous d’où vous venez, souvenez-vous du fleurdelisé. Ce drapeau qui est le nôtre, maintes et maintes fois piétiné, mais qui est resté, est symbole de notre fierté. Bien enfouie au fond de vous, l’idée ne demande qu’à ressurgir, le lys a besoin d’être arrosé.

J’ai beau être jeune et inexpérimenté, j’ai beau être la risée de l’autre côté, mais d’ici je les entends et les comprends: ils rigolent, ils se moquent, mais eux ne comprennent rien à notre parler et à nos idées. Ils nous traitent de rêveurs et d’extrémistes, moi je leur fais un doigt d’honneur et leur dis ceci:

Je suis bleu et francophone, je suis fier et Québécois, je gueule comme Pierre et je vous regarde comme René. J’ai le fleuve et l’érable, je n’ai rien à vous envier. Je me suis agenouillé pour ne pas me faire tuer, pour que mes enfants puissent vivre, pour que mes enfants puissent continuer là où j’ai été arrêté. J’ai appris votre langage, j’ai travaillé pour vous à la sueur de mon front et maintenant je me suis relevé! J’ai failli oublier, j’ai failli être assimilé!!! Vous pouvez bien rire, vous pouvez bien nous ridiculiser, mais en vérité, c’est nous qui avons gagné!

Maintenant je dis à mes frères, à mes sœurs, aux peuples d’outre-mer qui se sont joint à nous et aux premières nations qui nous ont précédés: cette terre a une histoire, une épopée qui est loin d’être terminée. Peut-être n’aurons-nous jamais un pays, mais en mémoire du passé, au présent et pour le futur, restons debout et souvenons-nous.

Bonne Saint-Jean Baptiste!

Publié sur le site http://jonasfilo.blogspot.com/

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