Festival Orford 2010 - Un vent de fraîcheur appelé Jean-François Rivest
12 juillet 2010
Pour sa 59e édition, le Festival Orford veut offrir un nouveau visage à ses habitués. Sans doute parce que, justement, le but de cette édition 2010 est d’ouvrir la porte à une nouvelle clientèle, en proposant des activités diversifiées et accessibles à tous. Sous la large bannière de l’âge d’or du romantisme, laissez-vous emporter aux sons de Chopin, Schumann, Beethoven, Mendelssohn, Schubert et bien d’autres.
Christelle Lison
Fondé par Gilles Lefebvre, le Festival Orford a ouvert ses portes pour la 59e fois le 18 juin dernier et les refermera le 15 août prochain. Tout au long de ces huit semaines, des activités sont offertes quotidiennement. Que l’on soit un expert en musique classique ou un débutant, il y en a pour tous les goûts. Mais le Festival Orford s’inscrit dans un environnement plus vaste, celui du Centre d’arts Orford.
Le Centre d’arts Orford et son académie
Avant tout, «le Centre d’arts Orford constitue un magnifique lieu, situé au cœur du parc naturel du mont Orford. C’est donc un lieu d’art et de nature», précise d’entrée de jeu le «nouveau» (entré en poste en octobre 2009) directeur artistique, Jean-François Rivest. Il semble d’ailleurs y attacher une certaine importance puisqu’il nous parle des bâtiments, qui sont pour lui une première expression de l’art. «Ici, l’architecture évoque la musique. Il y a notamment un pavillon de l’Expo 67, celui de L’Homme et la musique», précise-t-il, les yeux pétillants.
Dans ce lieu d’arts, il y a principalement deux grands volets, soit l’académie de musique et le festival. «L’académie, c’est un lieu d’enseignement de très haut niveau, où l’on retrouve des étudiants de 35 pays différents. Les professeurs sont des professionnels de très haut calibre qui évoluent aux États-Unis et ailleurs dans le monde», explique Jean-François Rivest. Ainsi, il faut comprendre que les jeunes qui ont la chance de faire leurs classes dans cette école sont les virtuoses de demain. Déjà à l’aube de leur carrière, ils viennent essentiellement dans un esprit de perfectionnement. La sélection des candidats est donc de mise et les heures de travail ne sont pas comptées.
Cette année, Jean-François Rivest a décidé de fonder l’Orchestre de l’Académie Orford, auquel participeront 75 étudiants. «Les jeunes qui constituent cet orchestre vont vivre une expérience pédagogique hors du commun. Mais je le fais pour une raison bien précise, explique-t-il. C’est parce que je suis convaincu que l’art est fait de relations, de points de vue, de synergies, etc. Et le jeune artiste, tout comme le public d’ailleurs, a besoin de ces stimulations.» L’objectif est donc de profiter des réactions du public pour vivre des expériences artistiques, tout en offrant à monsieur et madame Tout-le-monde l’occasion de découvrir la musique classique à travers une jeune génération de musiciens.
Ce sont finalement trois concerts qui seront proposés au grand public par l’Orchestre de l’Académie Orford lors du Festival, deux dirigés par Jean-François Rivest lui-même et un par Kent Nagano, le directeur musical de l’Orchestre symphonique de Montréal. «Ici (NDLR: en Estrie), les gens ne savent pas ce qu’est un orchestre étudiant de haut niveau. Ils pensent que cela ne sera pas bon, que cela ne vaut pas vraiment la peine. Eh bien je peux vous dire qu’ils se trompent parce que les étudiants sont de très haut calibre et qu’il y a une énergie et une richesse inégalable. Prendre le temps d’écouter les orchestres étudiants, c’est avoir une dose de rafraîchissement incroyable. Ces jeunes se donnent comme si c’était le concert le plus important de leur vie. Ce charme est incomparable, même avec les orchestres professionnels», précise le nouveau directeur artistique.
Pendant l’été, l’académie propose aussi des activités que l’on appelle des classes de maîtres. En fait, le concept est simple: les professeurs viennent donner leur cours devant un grand public. «Cela ouvre la porte sur le mystère de l’enseignement maître-élève. Parce qu’il faut bien le dire, la musique est l’une des dernières choses qui s’étudie comme au Moyen Âge, dans un rapport maître-élève particulier», explique Jean-François Rivest. Évidemment, ces occasions inespérées de voir le maître et l’élève à l’œuvre attireront sans doute les vrais mordus plutôt que les personnes souhaitant découvrir la musique classique.
Le Festival Orford
Le deuxième axe du Centre d’arts Orford est donc son traditionnel festival. C’est le premier pour Jean-François Rivest en tant que directeur artistique qui s’est dit très «excité» par cette nouvelle expérience. «J’ai mis des nouveautés en place, et je vois déjà la réponse du public.»
Comme le souligne Jean-François Rivest, si les étudiants peuvent bénéficier du festival, celui-ci est avant tout destiné au grand public. C’est l’une des raisons qui a poussé le directeur artistique à proposer de nouvelles choses. En effet, le public qui participe au Festival Orford est majoritairement constitué d’habitués d’un certain âge. «Mais nous cherchons à attirer un public plus jeune, notamment des étudiants», précise Josée-Anne Sarazin-Côté, chargée des communications au Centre d’arts Orford. C’est l’une des raisons qui fait que le Festival propose plusieurs activités gratuites, comme le ciné-club tous les lundis soirs, les Beaux concerts de la relève TD ou encore la série de concerts Orford sur la route. «La musique classique commence à devenir branchée», souligne Jean-François Rivest, avec un sourire mi-amusé, mi-sérieux.
Parmi les activités pensées pour attirer le tout public et en particulier la jeune génération, il y aura notamment deux concerts de jazz (Kind of Blue et Oliver Jones Trio) et un concert de musique du monde (Canti di a terra, un quatuor de voix corses qui chantent avec un groupe de musique ethnique), qui seront très faciles d’accès pour tout un chacun.
Parmi les nouvelles activités, celles qui touchent indirectement la musique motivent particulièrement le maître d’œuvre du Festival, puisqu’elles font partie de son stratagème pour offrir au public, un «bain d’arts» comme il aime à le qualifier lui-même. Ainsi, en plus du ciné-club, il y aura plusieurs conférences qui seront proposées, parmi lesquelles Natalie Bondil, la directrice du Musée des beaux-arts de Montréal. «Elle va venir faire une conférence sur la peinture romantique de la première moitié du dix-neuvième siècle», explique Jean-François Rivest déjà très excité à l’idée d’écouter la jeune femme et de pouvoir faire des liens entre la musique et la peinture de l’époque.
Une autre activité phare du Festival est sans aucun doute la Semaine Kent Nagano et l’OSM qui se déroulera du 31 juillet au 8 août. Avec sa programmation autour de Schumann, c’est un véritable festival dans le Festival auquel pourront assister les spectateurs. Parmi les activités offertes: une prestation du pianiste Till Fellner, qui offrira un récital consacré aux trois dernières sonates de Beethoven; un récital tout Chopin offert par le pianiste Aldo Ciccolini; des lieder de Schubert, Strauss et Wagner par la soprano Andrianne Pieczonka.
Pour Jean-François Rivest, le Festival Orford, c’est avant tout «une aventure musicale extraordinaire» où les concerts professionnels se marient avec des activités plus légères, où les extraits d’opéra côtoient le jazz, la musique lyrique et bien d’autres styles. Ce qu’il souhaitait avec sa programmation, c’était de plaire à tout le monde et montrer au commun des mortels qu’il suffit de se laisser transporter par la musique et d’ouvrir son esprit à celui du compositeur pour créer, ensemble, la symphonie parfaite.
Pour connaître l’ensemble de la programmation du Festival Orford qui se déroule jusqu’au 15 août, visitez le http://www.arts-orford.org.
Des billets gratuits
Afin de permettre aux étudiants de découvrir le Festival Orford, le Centre d’arts offre 25 paires de billets gratuits pour le concert du 16 juillet. Il s’agit du concert de Sixtrum, un ensemble à percussion. Mais le concert qu’ils offriront ne sera pas comme les autres puisque Catherine Perrin, jouant un rôle de modératrice et d’animatrice, invitera le public à poser des questions en direct au compositeur! Ce sera finalement une sorte de création au fur et à mesure! Si cela vous intéresse, contactez-nous au plus tard le 15 juillet à 16 h, par courriel, à l’adresse redaction@lecollectif.ca.
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