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Categorized | À la une, Société

Le G20, à quoi ça sert ?

Posted on 12 juillet 2010 by admin

Les 26 et 27 juin derniers se tenait à Toronto un sommet regroupant tous les pays du G8 (les sept pays les plus industrialisés au monde, plus la Russie) auxquels il faut ajouter les nouvelles économies émergentes comme l’Inde, la Chine, le Mexique, la Corée du Sud et l’Arabie Saoudite, la liste se clôturant avec, comme dernier membre, l’Union européenne. Le G20, comme on a coutume de l’appeler depuis sa création en 1999, est une entité qui propose d’offrir une meilleure organisation de la vie économique de nos États, par le biais d’une nécessaire harmonisation des décisions prises en matière de politiques publiques et monétaires.

Joël Mebada

Le sommet de Toronto se voulait, à juste titre, le point de départ de cette nouvelle régulation. Celle-ci devait passer, primo, par une réduction des déficits des gouvernements de moitié d’ici 2013, comme le souhaitait le Premier ministre canadien, Stephen Harper, secundo, par une plus forte taxation des banques, et, tertio, par une régulation internationale du système financier planétaire. Cependant, en dépit des grandes idées formulées çà et là avant le sommet, il est incontestable que la réunion de Toronto aura plutôt fourni à ceux qui critiquent cette organisation de nombreux arguments pour sa dissolution pure et simple.

Ce que l’on retiendra finalement de ce sommet, ce sont plutôt les arrestations massives qui ont accompagné ladite rencontre (plus de 1000 au total), un record dans l’histoire du Canada, et des preuves indéniables de violations à grande échelle des libertés civiles. Un autre chiffre devrait également attirer l’attention des uns et des autres: 1 milliard. C’est le montant, en dollars canadiens, dépensé pour pouvoir assurer la sécurité de tous les dignitaires venus à cette rencontre. Nous ne parlerons évidemment pas des quelques millions dépensés pour la création d’un lac artificiel, dont on espère que la seule présence aura permis de rendre le séjour des hôtes du Canada plus agréable.

Le bilan de ce sommet n’est donc que trop discutable, mais il appelle avec lui une série de questions, dont la plus importante est sans nul doute celle se rapportant à la raison d’être du G20. La seule bonne nouvelle associée à ce sommet, si bonne nouvelle il y a, se situe du côté de la Chine qui, bien avant le début de la réunion de Toronto, avait avancé qu’elle acceptait d’augmenter la valeur de sa monnaie, ce qui devrait, de manière mécanique, réduire quelque peu le déficit américain et redonner un peu de compétitivité à une économie américaine qui en a grand besoin. Les autorités chinoises ont cependant exclu que la question relative à la valeur de leur monnaie soit inscrite à l’ordre du jour, car le geste ainsi posé ne visait pas à répondre à une certaine pression ou exigence internationale (c’est selon), mais se voulait être une simple mesure accompagnant les seuls intérêts chinois.

Le sommet de Toronto ne marquera donc pas l’histoire, ce que nous devons tous déplorer, car toutes ces personnalités ainsi rassemblées ont déjà oublié qu’il y a moins d’un an, le monde a failli connaître la pire crise
financière de toute son histoire. Oubliées, donc, toutes les grandes mesures salutaires prises jadis. Cependant, si rien n’est fait pour consolider la vie économique et financière telle qu’on les connaît aujourd’hui, il y a fort à parier que, dans les années à venir, le monde connaîtra à nouveau une crise de la même ampleur ou d’une gravité plus grande encore. Le G20 doit donc prendre ses responsabilités et mettre des règles de gouvernance mondiale qui ne souffriront d’aucune exception, afin que les erreurs d’aujourd’hui ne se reproduisent jamais plus.

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