Alors que je méditais sereinement et constructivement sur la fin du monde en 2012 lors d’une promenade dans le trafic de Montréal, un ange est descendu du ciel pour me supplier de répandre la sagesse de la fin du monde à la population mondiale. Le Collectif est évidemment la meilleure tribune pour y arriver, avec son rayonnement mondial.
Jean-Philippe Choinière
En fait, je me demandais quelle serait la vie des survivants une fois passé un cataclysme incroyable qui décimerait l’humanité. À part creuser des tombes. Puisque mon article est nominalement à vocation scientifique, nous allons vous et moi nous introduire à la science de 2013. Un futur très éloigné et différent, bien entendu. J’imaginais que la principale perte serait au niveau des technologies exclusives à des compagnies. Il faut savoir que les recherches en sciences dites pures, c’est-à-dire une connaissance sur un phénomène naturel ou l’étude mathématique de la chose, sont en général assez bien documentées. On peut retrouver le synoptique des résultats de moult études dans les journaux scientifiques ou dans des ouvrages de référence plus ou moins rares. Il faut dire que la recherche financée par les gouvernements ou organismes publics exige souvent une publication des résultats. Alors, supposant une disparition importante de documentation dans une région donnée, les chances de retrouver l’information dans un autre endroit seraient assez bonnes. C’est encore plus vrai avec la globalisation de l’information avec Internet. De plus, les recherches ne sont pas toujours axées sur la production subséquente d’un article ou d’un service à vendre. On n’a qu’à penser à des études sur la santé humaine ou sur le développement psychologique en bas âge des tamias rayés.
À l’inverse, la recherche et le développement faits par les entreprises privées sont le plus souvent secrets, à cause de la valeur monétaire intrinsèque à l’innovation. On veut dès le début améliorer un produit, développer une nouvelle gamme, améliorer les procédés… qu’on ne veut absolument pas partager avec les concurrents. La question des brevets vient alors. Je peux lire dans l’esprit du lecteur la question pertinente suivante: pourquoi les entreprises ne partageraient-elles pas leur savoir au grand jour, tout en ayant l’exclusivité dans ce domaine? Il n’y aurait alors aucune lésion commerciale, tout en permettant la démocratie du savoir.
Seulement, il faut savoir qu’un brevet ne protège souvent qu’une partie spécifique de l’objet technologique et que l’obtention d’un brevet requiert une divulgation importante de connaissances. En effet, lors d’une demande de brevet, on doit expliquer en détail toute l’innovation pour bien la caractériser. Puisque les brevets ont une durée limitée (variable selon les pays) qui tourne autour de 10 à 15 ans et sont par la suite accessibles à tous, on peut voir que cette protection a des lacunes. Vous avez un produit qui vous est exclusif, mais il est aisément copiable après la période prescrite. Sans compter qu’une compagnie dans un pays non assujetti aux brevets ou n’exerçant pas un contrôle adéquat (la Chine, par exemple) peut alors développer une copie du produit et faire perdre l’avantage économique d’un développement. De plus, le temps nécessaire à l’approbation du brevet —pouvant aller jusqu’à plusieurs mois— retarde considérablement la mise en marché.
Dans ces conditions, on ne s’étonne pas que certaines compagnies ne recourent pas au brevet pour garantir la sécurité de leur avancement technologique. Quoi de mieux qu’un bon coffre-fort caché derrière la peinture dans son cadre d’or dans le bureau du directeur? On peut y cacher les plans, les résultats de recherche, des billets en grosses coupures et même le code du coffre-fort griffonné sur un bout de papier. Ça me frappe lorsqu’on dit que certaines applications technologiques ne sont comprises réellement que par une petite poignée d’entreprises. Imaginez une météorite sur la Silicon Valley! J’aime l’idée d’un cataclysme météoritique, ça explose à souhait et semble plus réaliste que l’apparition d’un mini trou noir localisé. Information: la Silicon Valley se situe en Californie, dans le secteur de San José, et héberge une concentration impressionnante de compagnies de haute technologie en informatique, dont Intel, Apple, Google…. Il est certain que chacune de ces entreprises conserve jalousement ses secrets industriels qui forment la base de la qualité et de l’efficacité des produits que nous utilisons. Ce serait l’équivalent de l’incendie ravageant la grande bibliothèque d’Alexandrie en des temps plus anciens. Le plus grand rassemblement de connaissances traduites et répertoriées de l’époque détruit et perdu à jamais. Quand on pense qu’un livre devait être copié à la main: jusqu’à la fin du Moyen Âge, la valeur d’un livre était inestimable! Une grande quantité d’informations connues par une poignée de personnes seulement à l’époque, et tout autant qui pourraient disparaître. C’est le point que tout ce paragraphe amenait, tranquillement.
Juste à imaginer un livre dont on avait fait le papier manuellement et écrit tout à la main, on ne peut qu’admirer le travail. La destruction massive de ces livres, souvent uniques ou en peu d’exemplaires et infiniment rares, fait frissonner mon imagination. Petite parenthèse, la destruction de livres par des forces armées voulant annexer et mater un peuple a été pratiquée maintes fois dans l’histoire.
Pour revenir au sujet principal, c’est tout de même triste de savoir qu’en 2013, à supposer que vous ne mouriez pas vous-même, cher lecteur, vous assisterez à une diminution magistrale du niveau de connaissances spécialisées.
Sur le thème de la répartition du savoir scientifique dans le monde, même sans parler de connaissances de pointe comme précédemment, voici quelques statistiques intéressantes.
«[Au Québec en 2003] près de 16 % des adultes de 16 à 65 ans se sont classés au niveau inférieur de l’échelle de compréhension des textes suivis (niveau 1) et près d’un Québécois sur deux (âgé de 16 à 65 ans) n’a pas les compétences nécessaires pour utiliser l’information afin de fonctionner pleinement au sein de la société et de l’économie (niveaux 1 et 2).»
Tout de même amusant que le survivant épique échappant aux griffes de la mort et trouvant le grimoire du savoir universel offrant un nouveau départ à l’humanité ne maîtrise pas suffisamment la compréhension écrite pour en tirer profit. Désopilant, mais ennuyeux.
Sur ce, on jase, on jase, mais le temps file et vous devez avoir hâte que cet article finisse, histoire de faire quelque chose de plus intéressant, ou bien de prendre une petite inspiration et d’évaluer combien les connaissances que nous engrangeons à l’Université sont focalisées et spécifiques. Dans ce grand monde où chacun a sa spécialité et ses connaissances propres qu’il ne partage pas nécessairement, les individus qui seraient aptes à reconstruire une civilisation et qui connaissent le détail de chaque outil technologique que nous utilisons se comptent sur les doigts restants de la main d’un estropié dans le cataclysme. Je pars de ce pas mettre ma maison sur des pilotis et couler mon abri antinucléaire.
Vains vagissements véhéments vite envolés vers le vague, volutes virevoltent voluptueusement vidangeant votre volonté, vous vidant véritablement de la verve du versificateur.






février 22nd, 2011 at 4:40
Tout le savoir que nous avons aujourd’hui est la réalisation de plusieurs années de travail et de recherche, alors je n’ai aucune crainte que si un cataclysme venait à arriver sur Terre les gens se débrouillerait pour refaire un monde à la hauteur de leur connaissance et de leur croyance, car tout est relatif et peut-être que la science de demain sera meilleur que la science d’aujourd’ui tout dépendant des croyances que le monde vont avoir !
En passant beau boulot
Tes articles sont super !!
mars 9th, 2011 at 12:48
Vicky, tu oublies un tout petit détail, s’il y usage des armes nucléaires ou chimiques, cela sera la fin de la vie sur terre pour un certain nombre d’années! On doit donc tout faire pour que cela n’arrive pas!
mars 16th, 2011 at 8:41
Oui c’est certain qu’avec les armes puissantes que possèdent certains pays peuvent détruire tous…
Mais je pense réellement pas qu’ils sont prêt à mettre fin au monde de cette ci vite façon !
juin 27th, 2011 at 3:00
Ah oui, tu pense que des » types » comme Khadafi, Amanidejad, Kim Jung Hill,etc… hésiteraient s’ils étaient attaqués et avaient les moyens techniques de balancer des bombes nucléaires sur leurs adversaires ils s’en empècheraient pour des raisons morales? Moi je ne pense pas et le risque d’une destruction de l’humanité n’a jamais été aussi haut qu’aujourd’hui! De plus le risque d’une pollution nucléaire dont les autorités refusent de nous dire la vérité, n’a jamais été aussi élevé! Je suis pourtant optimiste de nature mais là, il faut ètre réaliste, le péril est trés élevé!