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Élucubrations pseudoscientifiques – By the Holy shotgun

Posted on 27 avril 2011 by admin

Face à l’augmentation des frais de scolarité, il faut préparer la confrontation avec le gouvernement. C’est pourquoi l’article d’aujourd’hui se consacre aux armes à feu.

Jean-Philippe Choinière

J’aimerais d’avance spécifier que le but de cet article n’est pas de susciter un débat sur l’utilisation de ces merveilles technologiques, mais seulement sur leur conception. Écoutez, ce n’est pas parce qu’une mitraillette est faite pour tirer quelques balles à la seconde qu’elle est dangereuse: ça dépend exclusivement de l’endroit où l’utilisateur dirige la bouche du canon.

Le principe physique à la base du fonctionnement de l’arme à feu est le suivant: la combustion de la poudre (réaction chimique) transforme la poudre en une certaine quantité de gaz et beaucoup de chaleur. Vous avez certainement appris que les molécules d’un solide sont toutes rapprochées, collées les une sur les autres alors que celles d’un gaz sont beaucoup plus espacées? Si la réponse était négative, vous l’apprenez maintenant. En fait, lors du passage de l’état solide à une autre molécule gazeuse, la poudre transformée a soudainement besoin de beaucoup plus d’espace qu’auparavant. La pression augmente donc dramatiquement à l’endroit ou se trouvait la poudre: le gaz pousse de tous les côtés pour trouver de l’espace. La sortie la plus facile est bien évidente, c’est de pousser la petite boule de métal qui bouche la sortie, le boulet. C’est aussi pourquoi vous sentirez un coup sur votre épaule lors d’un tir de fusil, ce que l’on appelle le recul. Ce phénomène vient justement du fait que le gaz pousse dans toutes les directions: autant il pousse le projectile vers la sortie, autant il pousse le fusil dans la direction opposée. En résumé, c’est la dilatation des gaz qui crée une pression à l’intérieur du canon et qui pousse le projectile vers la sortie, la bouche du canon. Il est donc essentiel que le seul trou dans le canon soit à la sortie (la bouche) et qu’il n’y ait pas de fuite à la base (culasse), sans quoi on perd une partie importante de la puissance de feu.

Cela dit, l’historique de ces joujoux remonte au 15e siècle avec l’apparition du canon. On mettait un énorme tube de métal épais dans lequel on insérait la poudre et toutes les composantes individuellement. Il fallait ajouter la poudre, la compacter, mettre les bourres, le boulet et compacter encore. Ensuite, par une petite ouverture à la base du canon, on insérait une mèche ou un filet de poudre plus fine et plus inflammable. Puis, une petite flamme et le tour est joué, le voisin est instantanément réveillé. Note au lecteur: on utilise également le terme «canon» pour désigner la partie allongée et circulaire creuse qui dirige le projectile sur toute arme à feu. Les canons antiques étaient donc uniquement des canons, alors que les armes d’aujourd’hui comportent un canon parmi plusieurs autres pièces.

De retour à l’histoire, on a pu voir une percée majeure au niveau des armes à feu autour des 17e et 18e siècles. En effet, le canon ne pouvait pas être transporté facilement, ce qui en limitait l’usage aux bateaux ou aux armes de siège (par ailleurs très efficaces dans ce rôle). L’amélioration des techniques de métallurgie a permis d’avoir un métal plus résistant, ce qui permet de réduire la quantité de métal sur le canon pour une même résistance. Ce faisant, on diminue grandement le poids, permettant à un fantassin de le transporter. Miam, des bonnes batailles en rangée avec des mousquets. À l’époque, la précision des armes était très faible, ce qui explique en partie le mode de combat des armées européennes de l’époque. On se mettait en longue ligne de part et d’autre, puis on faisait feu tous en même temps. En procédant de la sorte, on est certain de toucher quelque chose, même si on ne pouvait pas viser précisément.

L’autre différence majeure avec aujourd’hui est la cadence de tir. Les premiers fusils étaient à chargement par la bouche, comme un canon. On doit donc nettoyer le canon, mettre la poudre, tasser, mettre la bourre, le boulet, compacter, tirer. En moyenne, les soldats bien entraînés pouvaient tirer un coup à la minute. C’est également pourquoi on avait plusieurs lignes les unes derrière les autres: la première ligne tirait, la seconde s’avançait pour tirer alors que la première se retranchait derrière pour recharger. Finalement, la plupart des batailles de l’époque, les guerres Napoléoniennes par exemple, se terminaient par la charge à la baïonnette, faute de munitions ou parce que l’ennemi était trop proche et que recharger aurait pris trop de temps. La baïonnette est une pointe tranchante et piquante que l’on fixe au bout du canon pour y empaler gentiment nos ennemis.

Au 19e siècle, l’amélioration de la précision du travail du métal, l’usinage permet de fabriquer des armes à chargement par la culasse. Maintenant, au lieu d’entrer tout par l’extrémité du canon, on peut simplement entrer une cartouche préfabriquée qui contient tout le nécessaire pour le tir à la base du canon. À la base d’une cartouche, vous pourrez voir un petit rond, au centre: c’est l’allume-feu. Lorsqu’un impact est appliqué sur ce rond par le percuteur, ça enflamme la poudre dans la cartouche et pousse le boulet vers la sortie, selon le même principe. Le percuteur est une petite tige métallique entraînée par un ressort et retenue par le mécanisme de la gâchette. Lorsque l’on presse la gâchette, on permet au percuteur de bouger librement et le ressort l’envoie frapper l’allume-feu, déclenchant le tir. Aussi simple que bonjour ! Avec cette technologie, il faut donc changer manuellement la cartouche à chaque tir, ce qui peut prendre 5 secondes. Les armes actuelles utilisent un mécanisme activé par l’utilisateur qui permet d’insérer une nouvelle cartouche à partir du chargeur. Parmi les mécanismes les plus populaires, le système à pompe (shotgun) et le système à bolt action (carabine à un coup). La qualité d’un mécanisme relève de sa capacité de placer la cartouche précisément et de l’immobiliser ainsi qu’à sa robustesse/fiabilité.

L’invention suivante a été le rechargement automatique de l’arme à feu. L’objectif est de changer automatiquement la cartouche présente dans la chambre de combustion, de sorte que l’on puisse tirer plusieurs coups l’un à la suite de l’autre. Le plus souvent, on ajoute un chargeur à l’arme, ce qui permet de stocker des munitions à utiliser. Lors du tir, on récupère une partie de la pression des gaz dans le canon pour activer le mécanisme de rechargement. On ouvre le mécanisme pour laisser sortir la balle vide et on en pousse une nouvelle dans l’entrée du canon. On utilise cette technologie pour les armes semi-automatiques, c’est-à-dire qu’il faut appuyer sur la gâchette à chaque coup de feu, ainsi que pour les armes automatiques, qui vont quant à elles tirer des balles à un rythme donné (selon l’arme) tant que la gâchette est enfoncée. Une mitraillette est un bon exemple d’arme automatique alors qu’un pistolet de cowboy à barillet est une arme semi-automatique.

Par ailleurs, on distingue plusieurs catégories dans les armes à feu, et peu connaissent les différences dans la population en général. On nomme «fusil» une arme qui tire plusieurs projectiles en même temps: on tire plusieurs petits plombs, ou grenaille. Ce bon vieux traditionnel «shotgun» est un fusil. L’avantage principal est que la multitude de plombs s’éparpille et crée une  »zone » d’impact à courte portée (environ 50 pieds). La chasse aux oiseaux migrateurs, canards, oies blanches, requiert l’usage d’un fusil, puisque l’on tire alors que l’oiseau bouge rapidement en vol. On tire dans la bonne direction, sans plus de précision. À l’opposé, les carabines ne tirent qu’un seul projectile, on parle alors d’un «point» d’impact. La précision est énormément supérieure: le projectile a un potentiel de destruction supérieur à longue portée, portée pouvant atteindre plusieurs centaines de pieds. On utilise une carabine dans la chasse au gros gibier ainsi que dans tout bon jeu de sniper.

Au Canada, il faut être titulaire d’un permis de maniement des armes à feu pour pouvoir les utiliser, ce qui requiert une formation d’une quinzaine d’heures. On peut éventuellement faire une demande pour un permis de possession et d’acquisition d’arme à feu, avec lequel on peut acheter armes et munitions. Pour obtenir ce permis de possession d’armes, la GRC fait une étude de sécurité sur chaque dossier pour s’assurer que la personne ne représenterait pas un risque évident avec une arme. Plusieurs armes sont prohibées au Canada, incluant les armes automatiques et plusieurs calibres militaires. Certaines armes sont permises seulement pour les titulaires de permis spéciaux. Les armes de poing (pistolets) font l’objet d’une législation distincte des armes d’épaules (armes de chasse).

La limite de mots entrant sur une page est définitivement une plaie, j’aurais encore écrit quelques pages sur la science de la balistique. En espérant vous avoir donné des munitions pour débattre des frais de scolarité ou pour vous permettre d’améliorer votre performance dans l’éradication de zombis virtuels.

La lecture de tout cet article vous permettra donc de comprendre cette Minute de français :

Expression: Mettre un coup de douze dans le cinquante

Signification: En plein dans le mille abusivement. Un douze est un calibre de fusil et tirer au centre d’une cible rapporte traditionnellement cinquante points dans une joute de tir de précision. Cependant, le tir de précision se fait généralement à la carabine, ce qui signifie qu’y aller au 12 est abusif, puisque l’on tire plusieurs projectiles sur la cible au lieu d’un seul. Peut avoir une connotation concupiscente.

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