Il a pour mission de mettre un terme à la suprématie barcelonaise en Espagne. Mourinho a les cartes en main pour le faire, mais se heurte à une certaine hypocrisie au sein même du Real Madrid. Après avoir disputé le premier des quatre matchs à la suite qui vont opposer les deux équipes, le «Special One» essuie les critiques.
Alexandre Bonnet
La culture du jeu de Pep Guardiola contre la science tactique de José Mourinho: l’affrontement était attendu et a enfin eu lieu le samedi 16 avril. Avant de recommencer le mercredi 20 avril pour la finale de la Coupe du Roi et les prochaines semaines en Ligue des Champions. Aujourd’hui encore, la tactique déployée par le Real Madrid samedi soir fait débat, principalement en Espagne évidemment. Mais n’est-ce pas hypocrite?
Au match aller, José Mourinho avait débarqué au Camp Nou plein de certitudes, invaincu avec son armada et prêt à battre le club catalan à son propre jeu. Résultat, le «Special One» avait aligné son équipe habituelle, sans la moindre modification sur le plan défensif, contrairement à ce qu’il avait su faire avec l’Inter Milan, et avait subi la défaite la plus humiliante de sa carrière. Devait-il tendre l’autre joue samedi soir? Mourinho a tranché et a fait ce que tout le monde attendait de lui, en présentant un onze de départ bien particulier avec Pepe en sentinelle devant la défense. Ce qui lui vaut aujourd’hui des critiques acerbes au sein de son propre camp. «Barcelone a joué comme un Lion, Madrid comme une souris. J’admire la domination des Catalans, ils traitent le ballon avec respect et adoration. Voir cette équipe est un délice pour tout le monde. Madrid au contraire est une équipe sans personnalité», a ainsi écrit le président d’honneur du Real Madrid, Alfredo di Stephano, dans Marca.
Évidemment, le chantre du beau jeu qu’est Johann Cruyff ne s’est pas privé lui aussi d’égratigner l’entraîneur merengue. «Mourinho n’est pas un entraîneur de football mais de titres». Mais n’est-ce pas pour cela que le Real Madrid est venu chercher le Special One à l’Inter Milan? Au diable la suprématie sur le jeu, mais que les titres reviennent! En embauchant Mourinho, Florentino Pérez a validé cette option. Et puis, y a-t-il tout simplement le choix à l’heure actuelle? Est-il possible de battre le Barça en prenant le parti de l’offensive? Le Shakhtar Donetsk s’y est essayé en Ligue des Champions. Oui, il a eu des occasions, mais il est reparti avec cinq buts dans la musette au match aller. Mourinho, lui, est l’un des rares à pouvoir bâtir la tactique adéquate, avec les bons hommes à la bonne place, pour gêner la construction barcelonaise. Bien sûr, c’est moins beau à voir, mais aujourd’hui, une éventuelle qualification du Real Madrid pour la finale de la Ligue des Champions ne paraît plus si miraculeuse avant même le début de la double confrontation.
Si des voix s’élèvent pour descendre en flammes la méthode Mourinho, d’autres la jugent adéquate, comme le tennisman Rafael Nadal, grand supporter de la Casa Blanca.
«La stratégie du Real Madrid a été très appropriée», a-t-il ainsi commenté. Même Guardiola s’est bien gardé de critiquer le schéma de jeu utilisé par son adversaire.
«Je n’ai jamais dit que le Real Madrid avait joué comme une petite équipe. Je n’oserai jamais juger un collègue, qui connait mieux ses joueurs que moi. Il a le droit de jouer comme il en a envie et encore plus si, comme samedi, il nous crée beaucoup de problèmes», a-t-il lâché en conférence de presse. Mourinho a la recette, tout le monde le sait, mais elle n’est pas appréciée par tous.
Si le Real Madrid venait à éliminer le Barça à la manière de l’Inter la saison dernière, il sera critiqué pour un manque d’ambition dans le jeu. S’il est éliminé, alors Mourinho sera désigné coupable pour ne pas avoir réussi à rééditer l’exploit réalisé la saison dernière. Les supporters madrilènes présents au stade samedi soir ont eux choisi: malgré la première période assez indigente de leur équipe au niveau de l’utilisation du ballon, aucun sifflet n’était venu sanctionner cette pauvre prestation. C’est bien là le prix à payer pour venir à bout d’un Barcelone sur le toit du monde.






juillet 19th, 2011 at 5:05
j aime la casa blanca je suis un vrai supporteur du real madrid madrilin100/100
juillet 19th, 2011 at 10:49
madrid madrid madrid madrid madrid madrid