Le lundi 23 mai, environ 80 militants, drapeaux en main, s’étaient rassemblées sous un appentis du Parc Jacques Cartier afin de prendre part à une marche symbolique en commémoration de la Journée Nationale des Patriotes.
Shawn Sirois
Avant le départ, Hugues Beaudoin, enseignant en histoire, rappela les motifs historiques qui conduisirent aux révoltes populaires de 1837-1838. Selon lui, multiples furent les causes : les colonialistes britanniques avaient un accès privilégié à l’éducation, ils gagnaient de meilleurs salaires (en plus d’être priorisés lors de l’attribution de contrats) et exerçaient une pression constante sur le peuple francophone, dans le but de l’assimiler. La famine et l’épidémie de choléras de 1832, qui décima 10 000 personnes, sonnèrent le glas du laisser-aller. Le parti Patriote en appela à la révolution.
Notons la brève apparition d’Étienne-Alexis Boucher, député de Johnson pour le parti Québécois, qui s’exclama : «C’est un devoir de mémoire que l’on sert, aujourd’hui. Les patriotes avaient deux objectifs : nous doter d’une démocratie et faire de cette terre un pays bien à nous. Aujourd’hui, sans les armes, nous continuons leur combat par la force de nos idées!»
La marche débuta sous la surveillance d’une voiture banalisée du Service de police de Sherbrooke. Celle-ci accompagna le groupe jusqu’à son arrivée à l’église Saint-Boniface. Il n’eut aucun accroc durant le parcours, mais les policiers veillaient tout de même au grain: craignant du grabuge, un duo de policiers, probablement payé à temps double, a été dépêché à l’édifice de Ressources naturelles Canada. Les militants scandaient: «Le Québec aux Québécois! Le Québec aux Québécois!»
Dans le sous-sol de l’église Saint-Boniface, les patriotes furent accueillis avec des hot-dogs et de la bière (québécoise s’il vous plaît). C’est un slammeur souverainiste de la région de Sherbrooke, David Goudreault, champion 2010 de la ligue québécoise, qui ouvrit le bal avant de céder la parole à Gérald Larose, ancien président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN). Celui-ci était présent pour le lancement du Conseil de la Souveraineté Estrie, un organisme qui n’attendra pas un référendum pour commencer à faire la promotion du proverbial «OUI», selon ses dires.
Le principal conférencier fût Christian Dufour, professeur à l’École nationale d’administration publique (ENAP) et auteur du livre «Les Québécois et l’anglais – Le retour du mouton». Pour faire court, les participants ont eu droit à une prise de bec entre MM. Dufour et Larose, qui ne s’entendent pas, mais alors pas du tout, sur la place que l’anglais doit prendre dans le système d’éducation québécois.


