Il est assez rare de voir des gens faire la file pour « souffler dans la balloune ». Et pourtant, jeudi le 26 mai, les fêtards du 4@9 d’administration pouvaient attendre jusqu’à 15 minutes pour mesurer leur taux d’alcoolémie. C’est que l’Association étudiante de la faculté d’administration (AEFA), dans le cadre d’une campagne de sensibilisation contre l’alcool au volant, inaugurait le tout premier éthylomètre au Québec à être installé sur un campus universitaire.
Shawn Sirois
L’heureuse initiative 100 % étudiante, rendu possible grâce à la collaboration d’Alcootech Canada, aura couté plusieurs milliers de dollars à l’AEFA. Selon son président Guillaume Poirier, l’éthylomètre en question est à la fine pointe de la technologie : «c’est la plus précise qui existe sur le marché». Pour l’heure, l’appareil n’est pas fixé au sol et ne sera installé que lorsqu’il y aura des évènements impliquant de l’alcool. M. Poirier laisse également entendre qu’il est probable que l’appareil soit utilisé pour d’autres évènements sur le campus, hors des murs de la faculté d’administration.
Lorsque questionné sur les motivations qui ont poussé l’AEFA à se munir d’un tel dispositif, M. Poirier rappelle que les étudiants de la faculté d’administration, lorsqu’ils tentent le destin et risquent leurs vies et celles des autres en prenant le volant avec des facultés affaiblies, risquent en plus de bousiller leurs aspirations professionnelles : «la majorité des professions visées par les étudiants en administration requièrent l’adhésion à un ordre professionnel. Or, quelqu’un qui a un dossier criminel ne pourra jamais exercer une profession telle que comptable ou gestionnaire en ressources humaines.»
L’éthylomètre, alors objet de curiosité, a été rodé tout au long de la soirée par les fêtards. Un étudiant qui venait de faire le test s’est inquiété: « l’appareil me dit que je ne peux pas conduire. Ça me fait peur parce que je ne me sens pas ivre. Par le passé, j’ai souvent pris mon véhicule dans l’état où je suis présentement.»


