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12 hommes rapaillés: une scène enflammée, un public enchanté

Posted on 14 juin 2011 by admin

Une ambiance chaleureuse, des artistes enjoués, des chants à pleine puissance et un travail collaboratif réussi: quoi de mieux pour un spectacle en l’honneur d’un grand poète qui a marqué l’imaginaire des Québécois? Le spectacle musical 12 hommes rapaillés, présentant les poèmes de Gaston Miron, a certainement ému la foule.

Isabelle Morin

Les têtes blanches étaient présentes en grand nombre à la salle de spectacle du Centre culturel de l’Université de Sherbrooke mercredi soir. Mais même si Miron écrivait dans les années 1950 à 1970, plusieurs de ses thèmes restent tout à fait actuels. D’ailleurs, quelques étudiants curieux et admirateurs souverainistes étaient aussi de la partie pour entendre chanter l’amour et la littérature d’un «pays» québécois.

Le spectacle offrait une redécouverte originalement orchestrée du poète Gaston Miron et de sa contribution à l’histoire québécoise. Tout de même, pour vraiment comprendre l’ensemble de l’œuvre, une analyse préalable des textes et de l’artiste était nécessaire.

Douze chanteurs, dont Vincent Vallières, Richard Séguin, Michel Rivard, Daniel Lavoie et Jim Corcoran, nous interprétaient donc les poèmes de Miron avec des arrangements originaux et variés par, entre autres, Louis-Jean Cormier. Lui aussi interprète et connu au sein groupe Karkwa, il est maître de la réalisation des deux albums 12 hommes rapaillés, hommages à Gaston Miron.

Tout un show

La mise en scène, dès le début du spectacle, crée tout de suite une ambiance chaleureuse pour le public. Les artistes entrent graduellement sur scène pendant qu’on entend une entrevue radio avec Gaston Miron. Les décors sont fort simplistes: des projecteurs pointent un écran blanc et changent de couleurs à quelques reprises.

Le spectacle, ce sont véritablement les artistes. Alors que la performance musicale sur CD ressort doucement, sans trop de personnalité pour chacun, c’est tout le contraire sur scène. Cette fois-ci, les chansons prennent toutes leurs couleurs avec l’émotion des artistes. Les interprètes chantent à pleine puissance, les musiciens sont fortement engagés; le volume de la radio ne les retient plus. Le plaisir de la scène, qu’ils diraient.

On y retrouve un Richard Séguin charismatique, un Michel Rivard qui ressent bien ses mots, un Louis-Jean Cormier qui rend des interprétations très intenses. Le son de leur musique est envoûtant: Gaston grooverait.

Si Corcoran rend une performance plus coincée que les autres, tout se passe dans sa voix profonde, qui lui donne toute sa présence. Yann Perreau, lui, apparait toutefois comme timide sur scène. Malgré que sa deuxième chanson, «Je marche à toi», semble beaucoup plus sentie et sa présence devient plus vivante. Il se permet même un brin d’humour avec le public.

Bref, un collectif qui assure une belle prestance sur scène. Chacun ressort différemment de par ses caractéristiques artistiques personnelles, tout en étant appuyé par une belle complicité de groupe. Et c’est là que le spectacle prend tout son charme: à plusieurs reprises, un chœur rassemblant la douzaine de chanteurs se forme sur scène. Ils entonnent des airs rassembleurs en se tenant bras dessus, bras dessous. Le public a envie de fredonner avec eux, et se laisse emporter par les harmonies qu’ils créent.

Pas de «pause pipi»?

Mais – il y a un mais! – la longueur se fait rapidement sentir. Elle se pointe le bout du nez quand les spectateurs attendent, après une heure et quart de spectacle, l’entracte. Et elle ne vient jamais. Peu à peu, les spectateurs se tortillent, regardent autour, changent de position… et l’écoute est de moins en moins active. Si seulement une petite pause avait été attribuée, la seconde moitié du spectacle aurait été bien plus appréciée!

Il faut dire que l’ordre des chansons n’aidait pas non plus: un début en force avec les chansons les plus rythmées, alors que les ballades s’enchaînent ensuite et réduisent l’enthousiasme des spectateurs.

Somme toute, c’est quand même un spectacle qui honore Gaston Miron haut la main. Même ceux qui ne connaissent pas ses textes seront bien servis, l’ensemble de musiciens rendant l’expérience très intense. Préparez-vous pour un bon – long – spectacle.

 

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