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Categorized | Culturel

Les coraux d’Erewhon: rythmiquement progressif

Posted on 10 juillet 2011 by admin

Le groupe pop/rock montréalais Erewhon lançait le mois dernier son premier album complet intitulé Les coraux. L’album plonge l’auditeur dans une ambiance planante où les influences de la musique progressive des années 70 sont omniprésentes. Mais ce qui frappe l’auditeur de prime abord, c’est l’aplomb de la partie rythmique. Tout au long des dix pièces que compose l’album, la symbiose entre le batteur et le bassiste est parfaite. Dommage que les parties harmoniques et mélodiques ne soient pas du même calibre.

Pierre-Luc Trudel

La voix de Benoît Philie est désespérément identique d’un bout à l’autre de l’album. Les nuances et les subtilités dans l’interprétation y sont quasiment inexistantes, ce qui handicape fortement l’ambiance globale des morceaux.  Elle pêche aussi parfois par manque de justesse.
Les mélodies sont un peu ternes, boiteuses par moment

Les thèmes et les contre-chants à la guitare électrique (présents dans pratiquement tous les morceaux) sont lourds et mal intégrés à la masse sonore. Les quelques harmonies vocales qui ornementent certains passages sont toutefois une bonne surprise que l’on n’attendait pas.

Avec Perdu dans l’espace, le groupe a pris le pari risqué de glisser sept minutes de musique instrumentale à son premier album. Juste pour ça, on leur doit le respect. Seulement, si l’idée est excellente, la réalisation n’est clairement pas à la hauteur. La section rythmique toujours aussi convaincante ne parvient pas à faire oublier les faiblesses des parties mélodiques et harmoniques. Résultat: le morceau se révèle particulièrement long et vide. Le contenu instrumental est tout simplement insuffisant et on attend désespérément un solo de guitare qui ne vient jamais.

C’est d’ailleurs un reproche qui peut être fait à l’ensemble de l’album: les thèmes sont sous-exploités et les morceaux manquent de développements, qui justifieraient pourtant leurs durées tout de même conséquentes.

Malgré ces nombreuses lacunes, le premier album du groupe n’est pas dénué d’intérêt. Sa partie rythmique solide est un atout précieux qui pourrait faire la signature du groupe. Erewhon tente de remettre le rock progressif au goût du jour, et pour ça, on ne peut que les féliciter. Avec cet album, Erewhon prouve qu’il a trouvé son style. Il ne reste plus qu’à le maîtriser et à en peaufiner l’interprétation, quitte à perfectionner le jeu guitaristique et vocal. Quatre jeunes musiciens à surveiller sans aucun doute.

Label: Poulet Neige
Durée: 39m 54s
Note: ***

2 Comments For This Post

  1. marika Says:

    ouf… je trouve ta critique complètement déconnectée. Les mélodies de cet album me restent en tête depuis 3 jours. C’est de la loin la musique la plus sincère que j’ai écouté depuis longtemps. As-tu au moins écouté les textes? Tu n’en parles même pas dans ta critique hautaine?

  2. Pierre-Luc Trudel Says:

    D’abord, merci pour avoir pris le temps de laisser un commentaire sur le site.

    Certaines mélodies sont certes intéressantes, mais pas suffisamment développées. Ça devient un problème quand les morceaux font plus de cinq minutes et que les répétitions se multiplient. Je suis par contre parfaitement d’accord pour dire que c’est une musique sincère.

    Quant aux textes, je n’ai pas tendance à trop m’y attarder dans mes critiques. On peut bien entendu me critiquer pour cela, et avec raison, mais dans une industrie québécoise où les textes ont toujours éclipsé la musique, je n’ai aucun scrupule à agir ainsi. D’ailleurs, certains critiques ne font que ça, parler des paroles. De plus, dans son album, Erewhon semble clairement mettre la musique à l’avant-plan.

    Je ferais tout de même remarquer que ma critique était loin d’être négative de bout en bout. J’ai bien souligné les atouts de l’album. Trois étoiles sur cinq pour un premier « vrai » album, c’est très loin d’être mauvais.

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