Vous rappelez-vous l’arrivée du Café CAUS sur le campus en 2009? Rassurez-vous, la coopérative responsable de l’alimentation à l’UdeS s’y retrouve toujours. Elle souffre par contre d’une gestion de personnel discutable. Sans convention collective depuis 2009, les employés du Café CAUS trouvent le temps long.
Isabelle Morin
«Avec l’inflation, je suis maintenant rendue à travailler au salaire minimum. Avec mon expérience en restauration, ce n’est pas acceptable», s’exclame une employée de la cafétéria du Pavillon multifonctionnel. Arborant un chandail jaune aux propos assez directs comme moyen de pression, le personnel du Café CAUS est impatient de voir sa convention collective se concrétiser.
Sans convention depuis toujours
La convention collective des employés venait à échéance alors que se brisait le contrat de Chartwells pour l’Université de Sherbrooke (voir article de mars 2010), il y a de cela déjà deux ans. Si la plupart des employés sont restés en poste à l’ouverture du Café CAUS, plusieurs se demandent aujourd’hui ce que sont les avantages d’une coopérative et d’un syndicat. Entreprise en déficit, délais de négociations, problèmes administratifs, tout y passe.
Depuis son installation à l’Université de Sherbrooke, le Café CAUS n’a pas eu la vie facile. Malgré ses valeurs coopératives et son souci environnemental bien incrustés, celui-ci a eu le temps de changer de direction générale, de délégué syndical et de présidente du conseil d’administration un an seulement après la signature de son bail.
Ne pas se fier aux apparences
Mais si les négociations s’étiraient entre le délégué syndical et la directrice générale, c’était des délais temporels plutôt qu’un conflit qui retardait le tout : « On
ne peut pas parler d’un véritable conflit, parce qu’il n’y a pas de point majeur de discordance, à part le salaire. », confie Christelle Lison, présidente du conseil d’administration du Café CAUS.
Alors que le début de négociations a été difficile à cause d’un changement de direction générale, le délai de règlement de la convention collective est plutôt causé par l’indisponibilité de l’ancien délégué syndical.
Malgré tout, les choses semblent aller bon train depuis l’arrivée d’un nouveau négociateur: «Tout est une question de temps. Notre ancien négociateur de la FTQ, Michel Murray, avait beaucoup de dossiers dans son cartable, beaucoup de conventions qui venaient à échéance en même temps. Tout s’est remis en marche rapidement dès que Éric Bergeron [délégué syndical actuel, ndlr] a été embauché.», explique Christelle Lison.
Et, malgré l’impatience des travailleuses, leur performance d’emploi ne semble pas être influencée par le conflit qui persiste, pourtant, depuis deux ans. La plupart d’entre eux, travaillant pour les cafétérias de l’Université depuis quelques années déjà, connaissent très bien l’emploi et le milieu universitaire. Raison de plus pour les satisfaire rapidement: les dames espèrent un règlement rapide et une augmentation de salaire, de sorte qu’elles pourront enfin se dire que les choses cessent de stagner.
Pour l’instant, la convention collective est écrite aux deux tiers. Ayant discuté des mesures à y inclure au fur et à mesure, le Café CAUS a bon espoir de présenter une convention collective en bonne et due forme en septembre, pour le début de la session d’automne.
Le Café CAUS en bref
Son fonctionnement
Le Café CAUS est à la fois une entreprise privée et indépendante et une coopérative. Son conseil administratif (C.A.) est constitué de 9 membres élus lors des assemblées générales. Il reste tout de même quelque peu dépendant de l’Université de Sherbrooke par l’entremise de deux membres utilisateurs imposés par l’Université, sur six.Ces membres imposés permettent un relai direct entre l’Université et son partenaire principal en alimentation, le Café CAUS. Cette proche collaboration assure un gain de temps sur plusieurs dossiers.
L’objectif du conseil d’administration est donc de veiller au bon fonctionnement du café, sans toutefois le gérer au quotidien. Le C.A. assure une supervision globale et s’occupe de l’administration au sens large du terme. Vote du budget, évaluation des cadres, suivi du dossier de la convention collective, développement de projet, sont quelques-unes des tâches attribuées au C.A. C’est plutôt la directrice générale qui s’occupe de la gestion quotidienne.
Ses réalisations
Ses projets
Alors qu’il se concentre majoritairement sur la finalisation de la convention collective, le Café CAUS garde tout de même plusieurs projets en tête. D’abord, l’arrivée de la session d’automne 2011 marquera l’ouverture de deux nouveaux cafés: un au Pavillon de recherche sur le cancer de la Faculté de médecine et l’autre à l’École de musique de la Faculté des lettres et sciences humaines.
Pour 2012, année internationale des coopératives, le Café CAUS bouillonne d’idées : « Il faut mettre de l’avant ce moyen [la coopérative] vers les nouvelles économies pour les entreprises. », pense Christelle Lison. Les idées de partenariat sont multiples: associations étudiantes, Centre culturel et Centre sportif de l’Université de Sherbrooke – le tout dans l’espoir d’améliorer la visibilité du Café CAUS, entre autres, mais aussi de valoriser sa mission entrepreneuriale.
Et le bistro? Le C.A. de l’Université de Sherbrooke a confirmé, il y a deux semaines, le projet. Les plans d’agrandissement ont même été annoncés, et on espère la finalisation du bistro avant les Jeux du Canada en 2013.Bien sûr, le renouvellement du contrat du Café CAUS en 2014 reste aussi un objectif très important pour l’équipe du café. Selon le dernier sondage de l’Université, les étudiants semblaient très reconnaissants et fiers d’avoir entre les murs de leur établissement scolaire une coopérative qui s’impliquait autant pour l’environnement. Il faudra par contre continuer à les garder informés de leur mission sociétale, car peu sont au courant de toutes leurs implications.






juillet 11th, 2011 at 4:30
Bonjour,
Café CAUS souhaite attirer l’attention des lecteurs sur deux éléments. D’une part, nous sommes mal à l’aise avec la phrase suivante « Elle souffre par contre d’une gestion de personnel discutable. » qui ne nous paraît pas le reflet de la réalité. D’autre part, le café qui va ouvrir ses portes, en plus du Pavillon de la recherche sur le cancer, est le Café MUS qui est lui aussi à la Faculté de médecine et des sciences de la santé (et non pas en musique). Il s’agit là d’un partenariat avec les étudiants.
Merci.