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Categorized | Éditorial, Sports

Martin St. Lewis, Vinny Lecavalier, Danny Briere et Jean-Sebastien Giguere

Posted on 04 septembre 2011 by admin

La question m’est venue après avoir regardé la cérémonie des trophées de la LNH. Soirée durant laquelle Martin St-Louis, de Laval, a remporté le trophée remis au joueur le plus gentilhomme. Sur le coup, il y a eu confusion: est-ce que le récipiendaire du trophée Lady Byng est remis à Martin St-Louis de Laval, ou à Marty St.Lewis de Waterloo, Ontario?
Kéven Breton
Parce que c’est bien comme ça que l’annonceur a prononcé le nom de St-Louis. Mais je suppose qu’il ne faut pas trop en demander à la «NHL», et l’hégémonie anglophone qui règne dans «leur» ligue. Le logo version francophone a même été retiré de leur site officiel. Sous la requête de qui? Je ne sais pas, peut-être d’un partisan de Nashville qui comprenait pas pourquoi la ligue avait deux logos.

Si la ligue a deux logos, c’est parce que la LNH est implantée sur un territoire bilingue. Le hockey est un sport canadien, et par le fait même, un sport inventé dans un pays aussi francophone. Le hockey détient un héritage francophone important, et il est juste d’en honorer son histoire. Mais ce n’est qu’un logo, et personne ne va s’offusquer de cela. Nous, francophones, sommes suffisamment allumés pour comprendre ce que signifie un acronyme étrange, contrairement à notre ami de Nashville. Là où j’ai un problème, c’est avec les uniformes.

Les ligues sportives aiment leurs uniformes, justement, uniformes. Pas trop excentriques, tous sensiblement pareils. Ça va de même pour les noms à l’endos des uniformes: les équipes choisissent la couleur, la police, la taille de caractère… mais pas les caractères.

Dans le cas de la LNH, elle privilégie, un peu arbitrairement, l’alphabet anglais, l’alphabet des Étasuniens. Dans la KHL, en Russie, ou bien dans les autres ligues de hockey européennes, les équipes orthographient aussi le nom de leurs joueurs selon l’alphabet local. Ainsi, dans la KHL, on retrouve des lettres de l’alphabet cyrillique à l’endos des chandails de joueurs.

Cela s’applique même pour des joueurs nord-américains évoluant dans le vieux continent, comme c’est le cas pour Ray Emery. On lira donc à l’endos de son uniforme «Эмери», soit la traduction de son nom en alphabet local. La raison est simple: cela permet aux partisans d’apprendre le nom des joueurs évoluant pour leur équipe préférée. C’est un geste marketing de base que d’essayer de rapprocher les partisans de leurs idoles. Ça fait vendre. C’est normal, je ne reproche pas cela.

Mais, le problème, de retour en Amérique du Nord, c’est que les trente équipes n’utilisent strictement que les caractères de l’alphabet anglais, ceux auxquels les anglophones sont familiers, en excluant ainsi les accents aigus, graves et circonflexes. L’anglais et le français ne proviennent pas de la même langue; le français découle du latin, tandis que l’anglais est d’origine germanique. Cela n’empêche cependant pas les anglophones d’admettre l’usage des accent, on retrouve dans leur lexique plusieurs mots empruntés aux français qui comporte des accents: résumé, café, appétit, cliché, Beyoncé,… C’est donc dire que les anglophones comprennent grosso modo l’impact qu’un accent a sur une lettre.

La question se pose donc: pourquoi, dans toutes les ligues, honorons-nous l’alphabet local pour le bien du public, sauf en Amérique du Nord? Le hockey est le sport national du Québec. Les adeptes se comptent par millions. Le Québec représente indéniablement une bonne partie du marché pour la LNH: le Canadien de Montréal n’est-il pas l’équipe la plus profitable pour la ligue (avec Toronto et New York)? Alors pourquoi est-ce qu’on ne voit pas d’accent sur le chandail de Jean-Sébastien Giguère, sur celui de Steve Bégin ou bien sur celui de Simon Gagné?

Dans la MLB, la ligue de baseball majeur (qui, elle, soit dit en passant, peut bien se priver d’un acronyme français puisqu’elle concentre son marché dans un territoire anglophone), un cas semblable s’est produit: Éric Gagné, alors releveur chez les Dodgers de Los Angeles, a demandé à l’équipe d’ajouter l’accent aigu sur son nom de famille. Il a fait comprendre aux médias que «Gagne», tel qu’orthographié sur son uniforme, se traduisait par «win» alors que «Gagné» se traduisait en «won», ce qui était davantage de circonstance pour un releveur.

Ce que j’en conclue: sur demande, les joueurs devraient pouvoir inclure les accents au nom brodé sur leur gilet. Et le Canadien de Montréal, il me semble, devrait être la première équipe à emboîter le pas et inclure ipso facto les accents sur les noms qui en nécessitent un.

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