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Categorized | Campus, Éditorial

Prendre une balle

Posted on 04 septembre 2011 by admin

«Tabarnac». La consécration de leurs efforts ayant été postposée à l’année prochaine, c’est le mot que plusieurs finissants ont en bouche depuis quelques semaines. C’est également une des multiples interjections sacrilèges qu’utiliseront les nouveaux lors de la rentrée, si jamais le SEESUS déclenche une grève générale illimitée… Ce qui, malheureusement, est fort probable.
Shawn Sirois
Parce que je vous jure que vous allez sacrer si le SEESUS tombe en grève à la rentrée. Parce que je vous jure que des cadres qui font la job des syndiqués, c’est une belle promesse de files d’attente infinies et de services pitoyables. Le syndicat pourra bien tenter d’amadouer les étudiants en leur susurrant à quel point il est désolé, et que, dans le fond, ce sont les méssant-patrons-qui-ne-veulent-rien-entendre. Détrompez-vous, il s’en crisse des étudiants, le SEESUS.

En tant que syndiqué
Là, je vais peut-être vous étonner. J’en suis, moi, du syndicat. Et je travaille à un salaire qui ferait rougir mes propres chargés de cours ainsi que Rolland, mon ancien prof de math au secondaire. Bon, je n’ai pas un poste à temps plein. Je suis un surnuméraire surpayé pour le boulot à faire. Croyez-moi, je m’en contente amplement et je fais mon travail avec beaucoup d’application.

C’est habituellement à la rentrée de septembre que je fais la majorité de mes heures annuelles. L’an passé, en seulement six jours de boulot, j’en suis arrivé à payer la totalité de mes frais de scolarité trimestriels. Et il m’en restait amplement pour faire trois ou quatre commandes d’épicerie.

Le plus comique là-dedans, c’est que c’est ma faute, tout ça. C’est ma faute parce que je ne me suis pas présenté pour voter, au mois d’octobre 2010, lorsque 88 % des syndiqués présents ont voté pour donner au syndicat le pouvoir d’utiliser des moyens de pression pouvant aller jusqu’à la grève. Je m’en excuse sincèrement, mais tsé, quand tu te comptes chanceux, tout le monde il est gentil. Résultat: j’ai déjà perdu deux jours de travail ultra-payant et, à coup sûr, je vais en perdre d’autres.

En tant qu’étudiant
Non, mais c’est-ti pas plaisant d’être pris comme ça, entre l’arbre et l’écosse épaisse? Là, je vais éviter de redire le gros mot que j’ai écrit en début d’éditorial, mais si j’étais finissant, je déchirerais ma chemise et je ferais un avion avec mon diplôme.

Si vous avez lu mes précédents éditoriaux, je suis plus que souvent en désaccord avec les grands manitous de l’Université. Par exemple, lorsqu’ils ont décidé de retirer le droit de vote sur la question des frais de scolarité aux deux étudiants siégeant sur le conseil d’administration, j’étais on-ne-peut-plus troublé. J’ai trouvé que le conseil d’éthique de l’UdeS avait été pas mal expéditif, dans ce dossier. Pour ce qui est de la hausse en tant que telle, je suis partagé. J’attends encore d’être convaincu par un des deux partis.

Mais là, dans ce dossier très précis, je penche du bord de l’Université. Les syndiqués ont de sacrés bons emplois, en comparaison de la moyenne des ours. Aussi, ils devraient peut-être remettre en contexte que, s’ils ont un emploi, c’est peut-être parce qu’il y a des étudiants qui s’amènent ici chaque année pour pouvoir, à la fin du périple, recevoir leur diplôme durement mérité. Passer par les étudiants pour mettre de la pression sur l’UdeS, c’est cheap en s’il vous plaît. Pour le finissant, c’est prendre une balle dans une guerre qui n’est pas la sienne.

Mon dernier
Eh oui, il s’agissait de mon dernier éditorial au Collectif. Disons que je ne suis pas le plus intellectuel des journalistes que vous aurez pu lire, mais j’espère avoir rempli la mission que je m’étais donnée au début de l’été, soit vous informer par mes articles et vous faire réagir, voire vous divertir, par mes éditoriaux. Enfin, en espérant que Dame Université et Sieur Syndicat s’entendent, je vous souhaite une bonne rentrée.

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