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Categorized | Société

Nos pauvres amis, les humains

Posted on 17 octobre 2011 by admin

Cette semaine, j’oublie les questions d’identité et de politique pour parler du peuple. Peuple dont je fais partie. Les commentaires tenus à l’émission Tout le monde en parle (TLMEP) par Bernard Derome et Serge Savard, qui appuie la Maison du Père et la 22e nuit pour l’itinérance, qui se tiendra ce vendredi, nous rappellent que même dans notre pays riche, bien des gens vivent dans une pauvreté extrême. Le mouvement Occupons la planète, qui a débuté à Wall Street, veut aussi lutter contre ces injustices sociales.

Miguel Lachance

Le titre de mon éditorial est une adaptation de celui de la pièce de théâtre écrite par l’auteur Bernard Werber, Nos amis les humains. Dans cette pièce, deux humains, un homme et une femme, les derniers survivants de l’espèce argumentent sur la pertinence de sauver l’humanité. Werber a fort probablement été lui-même inspiré par l’expression «Nos amis les animaux.» Ces animaux à qui on vient rapidement en aide, comme l’exemple de l’élevage de chiens mentionné à TLMEP. On est rapidement venu en aide aux chiens alors que certains de nos concitoyens peinent à se loger et à se nourrir. Parfois, je me dis qu’une «Société de protection des humains» devrait exister. Pour répondre à la question posée par les personnages de Werber, je dirais que oui, l’humanité vaut la peine qu’on s’y attarde, et surtout qu’on améliore son sort.

Je ne dis pas qu’il faut arrêter de défendre les droits des animaux. Je ne dis pas non plus qu’il n’y a personne pour s’occuper des individus dans le besoin. Le problème est plutôt que l’opinion publique est beaucoup plus facile à rallier lorsqu’il est question de mignons petits chiens que d’itinérants malodorants. D’ailleurs, j’ai souvent l’impression que les animaux moins beaux subissent un sort moins favorable. Qui se préoccupe de la disparition d’espèces entomologiques ou «d’horribles» poissons des profondeurs? Mais revenons à nos moutons, ou plutôt à nos humains.

En s’inspirant du Printemps arabe
Le mouvement Occupons la planète, qui s’étend depuis New York est le résultat inévitable des dernières crises financières. Les grands financiers et les spéculateurs boursiers semblent avoir perdu le sens de la réalité. Ils échangent de l’argent virtuel, sans trop se préoccuper des conséquences sur les travailleurs et consommateurs. Les manifestants veulent leur rappeler qu’ils forment la majorité et que leur opinion compte. Ils veulent se réapproprier l’espace économique. Ce n’est pas au gouvernement que l’on s’attaque. Ici, les «dictateurs» (au sens des gens qui dictent leur vision du monde) sont dans les banques.

La particularité du mouvement est qu’il n’est associé à aucun syndicat ou une quelconque organisation. Il est ouvert à tous les humains. J’ai particulièrement ri devant le désarroi de certains médias qui tentaient sans succès de contacter un porte-parole. Cela est impossible, car il n’y en a pas.

Le mouvement a rejoint plusieurs villes dans le monde, dont Sherbrooke. L’événement se déroulait la fin de semaine dernière. Je vous aurai invité à y participer, mais le texte que vous lisez a été écrit la semaine dernière. J’en profite tout de même pour vous inviter à la Nuit des sans-abri (voir les nouvelles brèves). Il y aura, dans la prochaine édition, un compte-rendu des deux événements, et quelques extraits d’entrevues. Je ne tenterai pas de trouver un porte-parole. Je suis ouvert à parler à tout le monde!

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