Le 19 octobre 2011, on a reconnu le travail de Hubert Reeves en lui offrant un doctorat d’honneur pour le remercier pour son engagement dans le domaine de l’environnement ainsi que pour son combat contre les changements climatiques.
Olivia Ranger-Enns
La présentation de la rectrice, Luce Samoisette, a été éloquente. «Il [le nom d’Hubert Reeves] évoque avant tout l’immense talent de vulgarisateur d’un homme dont les connaissances approfondies n’ont jamais ébranlé l’humilité», a-t-elle précisé.
Hubert Reeves nous encourage à nous responsabiliser et accorde une importance primordiale à adopter une attitude écologique. Selon lui, l’humanité doit se mesurer à de grands enjeux et met sa propre survie en péril. «Nous saccageons notre planète. Nous avons entrepris une guerre contre la nature. Si nous la gagnons, nous sommes perdus», a-t-il affirmé.
S’adressant à quelque 300 spectateurs, Hubert Reeves a brossé un tableau historique pour expliquer le phénomène écologique actuel. D’après M. Reeves, les découvertes scientifiques du 20e siècle ont déterminé notre compréhension actuelle de la formation de l’univers. La théorie du Big Bang, notamment, a supplanté la vision aristotélienne de l’univers et ébranlé la société scientifique. Celle-ci a même qualifié la théorie de «sulfureuse, voire biblique». C’est une tout autre situation aujourd’hui.
En effet, le milieu scientifique a adopté la théorie du big bang sans problème. Cela dit, Hubert Reeves préconise une approche nuancée. On ne devrait pas concevoir cette théorie comme allant de soit, mais plutôt comme la thèse la plus crédible.
Courant scientifique
Vient ensuite une explication scientifique par rapport à l’émergence de nouveaux éléments. Ceux-ci, quarks, neutrons et protons, interagissent pour former les premiers noyaux de l’atome. Les atomes, à leur tour, s’unissent pour créer des molécules qui font naître les cellules vivantes. Une autre question doit se poser à ce stade-ci: comment ces rencontres, qui semblent si aléatoires, conduisent-elles à la survie de la vie sur terre? En réponse, Hubert Reeves cite le philosophe grec Démocrite: «Tout arrive par hasard et par nécessité.» En effet, selon l’homme de science, la nature fonctionne en obéissant à certaines règles et, paradoxalement, est soumise à des phénomènes aléatoires.
Il y a toujours de l’espoir
Hubert Reeves applaudit le réveil écologique, incitant la formation de groupes de défense de l’environnement. Entre autres, les efforts de développement durable de l’Université de Sherbrooke ont été acclamés. Comment devrions-nous agir pour poursuivre notre but écologique? Selon Hubert Reeves, il faut imiter les artistes, en prolongeant l’activité de la nature. Le grand musicien Jean Sébastien Bach et le peintre Vincent Van Gogh, par exemple, ont agencé des mécanismes de hasard et de nécessité afin de créer des chefs-d’œuvre. C’est en prolongeant l’oeuvre de la nature et en cherchant à améliorer son visage, d’après M. Reeves, qu’on pourra peut-être trouver une solution écologique.


