La chute d’un satellite de la NASA, le 24 septembre dernier, à un endroit toujours inconnu, a retenu l’attention du public. Si l’agence spatiale sait que l’engin a fait son entrée dans l’atmosphère au-dessus du Pacifique, elle ignore toujours où sont tombés les débris.
Miguel Lachance
L’histoire de la conquête spatiale est parsemée d’histoires de satellites qui tombent sur Terre. La particularité du Upper Atmosphere Research Satellite (UARS) était d’être parmi les plus gros à tomber sans que sa chute soit dirigée depuis le sol. Il mesurait onze mètres de long et pesait près de 6000 kilogrammes. C’est peu en comparaison des 75 tonnes de l’ancienne station spatiale Skylab, dont l’entrée dans l’atmosphère en 1979 avait été mal calculée. Cela avait causé des chutes de débris en Australie et avait retenu l’attention médiatique à l’époque. 22 ans plus tard, la fin de la station russe Mir, pesant quant à elle 135 tonnes, s’était déroulée avec plus de succès.
Des porte-parole de la NASA ont affirmé que les débris de l’UARS qui se sont écrasés ne seront peut-être jamais retrouvés. L’agence planifie maintenant le retour sur Terre de tels gros engins, mais ce n’était pas le cas lorsque l’UARS a été conçu.
11 ans de service
Le satellite UARS n’était plus en fonction depuis 2005. Il avait été lancé en 1991 et sa mission, qui devait au départ durer 3 ans, consistait à amasser des données sur la couche d’ozone. Il mesurait aussi la vitesse des vents et l’énergie solaire pour permettre aux scientifiques de mieux comprendre le rôle de la haute atmosphère dans le climat. Six des dix instruments de mesure fonctionnaient encore lors de la désactivation du satellite. Les données qu’ils ont permis d’amasser sont les plus complètes dans l’étude de cette couche de l’atmosphère. Le Canada avait fourni certains de ces outils.
Une orbite occupée
Aujourd’hui, on retrouve plus de 2500 satellites en fonction en orbite autour de la planète, le plus gros étant la Station Spatiale Internationale. Il y a aussi environ 7000 gros objets et des millions de déchets de petite taille provenant entre autres de la destruction de satellites. Tous ces débris, pouvant endommager les satellites, sont constamment sous surveillance.
L’industrie spatiale en serait arrivée à un point critique. La saturation de l’orbite fait augmenter les risques de collisions entre deux satellites, ou encore avec des débris. Une réaction en chaîne pourrait avoir des conséquences assez importantes, en particulier sur le domaine des télécommunications.


