imprimer cette article imprimer cette article

Categorized | Éditorial

Scandale dans l’autobus

Posted on 31 octobre 2011 by admin

Rappelez-moi en quelle année nous sommes. En 2011? En êtes-vous bien certains? Pas moi. À bien y penser, je suis convaincue que, même en Occident, tous n’ont pas rejoint le troisième millénaire. Même en Amérique. Même aux États-Unis. Non, même les New-Yorkais ne vivent pas tous en 2011 actuellement. Assez incroyable, me direz-vous? Assez vrai aussi.

Carol-Anne Massé

Donc, vous aurez compris que je vais parler de New York. Je précise: l’action de l’histoire que je m’apprête à vous raconter se déroule à Brooklyn. L’acteur principal? La ligne d’autobus B110. Entendons-nous, les autobus en question n’ont pas grand-chose à se reprocher. Il faut concentrer notre attention sur les passagers. Ou plutôt sur ceux qui ont une mentalité dépassée. Cette mentalité représente beaucoup de choses à mes yeux, mais pas l’année 2011. Je ne peux pas croire que nous en soyons encore là.

Des directives claires affichées dans les autobus indiquent aux passagers de cette ligne le comportement à adopter pendant le trajet. Un exemple? «En montant dans un bus où se trouvent des passagers debout à l’avant, les femmes doivent monter par la porte arrière après avoir payé à l’avant.» Et qui sont ces fameux passagers dont l’importance domine celle des femmes? Ces passagers qui méritent d’avoir l’avant de l’autobus à eux seuls? En 2011, nous assistons, dans l’une des villes les plus développées du monde, à de la discrimination basée sur le sexe des gens. Mesdames et messieurs, les hommes et leur supériorité…

Fait plutôt étonnant, la ségrégation des sexes sur cette ligne est légale. Un contrat en faisant mention a été signé entre la ville et la société privée chargée de faire fonctionner la ligne… en 1973. Il commence à être temps que le tout soit repensé et adapté! Les temps ont changé, les gens ont évolué. Attendez, peut-être pas tous! La clientèle fréquentant la ligne B110 se compose principalement de juifs hassidiques du secteur. Pour eux, 1973, c’est hier.

Loin de moi l’idée d’inclure toute trace de racisme dans ce texte. Je ne le suis pas et n’ai pas envie de le paraître. Cependant, ce sont bel et bien des hommes de cette communauté qui ont formulé, dernièrement, des commentaires tel que: «Quand Dieu établit une règle, on ne la remet pas en question.» Oui, des commentaires de ce genre après avoir demandé à une femme de se déplacer vers l’arrière de l’autobus. Pourquoi dernièrement? Les médias se sont emparés de l’histoire, évidemment. Elle a fait le tour des journaux comme du Web. Chacun leur tour, les journalistes ont visité la maintenant célèbre ligne B110.

La révolte accapare mon esprit. Le jour où j’ai lu l’article de La Presse sur le sujet, j’ai eu de la difficulté à faire disparaître la sensation de dégoût que je ressentais. Bien de la difficulté à ignorer l’image encrée dans ma tête, celle d’une femme se dirigeant, tête baissée, vers l’arrière d’un autobus, alors que les sièges à l’avant sont complètement vides. Je n’ai pas extérioriser les émotions qui montaient en moi ce jour-là. Aujourd’hui, je profite de cette tribune pour le faire.

Je suis capable d’accepter qu’une communauté ait un mode de vie différent du mien. Mais que les hommes issus de cette communauté traitent de cette manière, non seulement les femmes vivant de la même façon qu’eux, mais la gent féminine au grand complet, c’est inadmissible. C’est déraisonnable. C’est inconcevable. Une tonne d’adjectifs me viennent en tête. Il est temps que j’arrête.

Pourquoi est-ce que ça suffit? J’ai l’impression que l’opinion que j’exprime ici fera presque l’unanimité. Ceux qui ne sont pas d’accord avec moi auront-ils l’audace de venir confronter leur vision avec la mienne? J’en rêve. Ne serait-ce que pour que ces personnes me montrent l’envers de la médaille. Je ne promets pas d’approuver ni même de comprendre ce qui me sera présenté. Je promets cependant de jeter un coup d’oeil.

Leave a Reply