Comme tous les ans, les rues des villes et villages du Québec et d’ailleurs seront envahies par des superhéros et des monstres de toutes sortes. Les bars seront peuplés de fêtards déguisés, très nombreux pour un lundi soir. Pendant ce temps, des chercheurs et des parents proposent de fêter l’Halloween autrement, en se préoccupant de la santé, mais aussi de l’environnement. On assiste à un passage de l’oranger au vert.
Miguel Lachance
Depuis quelques années, un site web, www.greenhalloween.org, prodigue des conseils aux parents et aux écoles sur la façon de fêter l’Halloween. Plus précisément, on se préoccupe de la santé des enfants, mais aussi de celle de la planète. L’épidémie d’obésité infantile chez les Américains a poussé les fondateurs de ce groupe à passer à l’action.
Côté nourriture, on suggère, par exemple, des produits biologiques de toutes sortes: du chocolat, des barres granola, des fruits secs et même des poches de thé. On encourage également les gens à donner autre chose que de la nourriture aux enfants faisant la tournée, comme des cartes à collectionner et des autocollants. Encore mieux selon eux, la distribution de petits objets trouvés dans la nature comme des cailloux ou des coquillages est appréciée par les enfants.
Prouvé par la science
Une étude menée en 2003 par les départements de psychologie et de santé publique de l’université Yale a démontré que des enfants devant choisir entre un jouet et une friandise ont autant de chance de prendre l’un que l’autre. Sur un échantillon de 284 enfants et adolescents âgés de 3 à 14 ans, seule une fillette de 4 ans a demandé si elle pouvait avoir les deux. Tout près de la moitié des participants ont préféré le jouet.
Cette étude a de quoi rassurer les parents qui craignent que les changements de traditions ne passent pas bien chez les enfants. Dans leur conclusion, les chercheurs affirmaient qu’il fallait fortement suggéré aux parents de distribuer des objets non comestibles aux enfants lors de différentes fêtes. Si on en croit le mouvement Green Halloween, ce message a bien été entendu par la population américaine.
L’histoire de l’Halloween
Halloween est une fête aux origines quelque peu floues. Le nom de la fête est dérivé de All Hallow Even, qui signifie «veille de la Toussaint», fête célébrée le 1er novembre. Ces deux journées ont remplacé la célébration celte appelée «Samain», qui soulignait la fin de l’année et le début d’une nouvelle. Lors de cet événement, on communiquait avec les esprits des défunts pour leur demander conseil.
La coutume du porte-à-porte serait plutôt d’origine chrétienne. Les mendiants, au Moyen-Âge, demandaient de la nourriture le 1er novembre en échange de prières pour l’âme des morts. C’est différent du «trick or treat» d’aujourd’hui où les enfants veulent des bonbons sinon ils feront des mauvais tours.
L’Halloween est surtout populaire dans les pays anglo-saxons. Au Québec, la fête a d’abord été populaire dans les milieux anglophones. Ce n’est que dans les années 1970 qu’elle a était célébrée dans les régions à majorité francophones. La fête s’est répandue à d’autres pays, comme la France, grâce à des campagnes de marketing. En réalité, ce sont plutôt les coutumes américaines et canadiennes qui ont été reprises dans le reste du monde.


