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Categorized | Campus

Crier non, haut et fort

Posted on 28 novembre 2011 by admin

La pluie incessante et la froide température n’ont pas réussi à décourager les étudiants prenant part à la manifestation contre la hausse des frais de scolarité, qui a eu lieu le 10 novembre dernier à Montréal. En effet, autant que 500 étudiants de l’Université de Sherbrooke se sont rendus dans la métropole pour faire entendre leur voix.

Olivia Ranger-Enns

Disons que la journée n’a pas manqué de punch. Quelques discours animés ont atteint leur but: exciter la foule. Voici ce qu’avait à dire l’étudiant Léo Bureau-Blouin: «À partir d’aujoud’hui, tout est possible. On va se souvenir de cette année comme étant l’année où les jeunes se sont tenus debout, et où on a gagné! Retournez dans les régions les cœurs remplis en sachant que vous n’êtes pas seuls!» Le slogan «À qui la rue? À nous la rue!» répétée par les milliers d’étudiants (entre 12 000 et 30 000, selon la source) présents a attiré l’attention de beaucoup de Montréalais ainsi que des médias.

À partir de 14 h, des étudiants provenant de l’Université de Montréal, de l’UQAM, de McGill, de Concordia et de l’Université de Sherbrooke, pour ne nommer que ces établissements, se sont rassemblés au parc Émilie-Gamelin. La foule s’est rendue jusqu’au centre-ville de Montréal en passant par la rue Berri, finissant le parcours vers 17 h devant le bureau de Jean Charest.

Les étudiants québécois n’étaient pas les seuls à se rendre à Montréal pour manifester leur profonde insatisfaction avec la situation. Noël, un étudiant en sciences politiques à l’Université d’Ottawa, est venu de l’Ontario avec quelques amis pour s’exprimer. «Je ne veux pas que le Québec devienne un deuxième Ontario», a-t-il affirmé. «Les étudiants en Ontario doivent parfois travailler trois jobs en même temps qu’ils étudient pour pouvoir payer leurs études. Selon moi, cela n’a pas de sens. L’éducation devrait être un service disponible à tous. On est ici pour démontrer notre solidarité avec les étudiants du Québec.»

Le message était plus qu’omniprésent lors de cette journée: l’éducation devrait être un service pour tous, assuraient les manifestants. Les pancartes étaient explicites à ce sujet, autant en français qu’en anglais: «Will you have to prostitute for school books?» ou encore «L’éducation est gratuite, Charest, tu feras de moi une pute!»

Des étudiants ont souligné qu’il serait impossibe pour eux de voir leurs frais augmenter et de pouvoir continuer à étudier. Nicole, étudiante en littérature anglaise, prend actuellement cinq cours, travaille quarante heures par semaine et paie ses études toute seule. «Je ne peux pas travailler plus d’heures pour payer mes études, je n’ai pas le temps», déclare-t-elle. «Si on veut une société éduquée, le moins qu’on puisse faire, c’est rendre l’éducation accessible à tout le monde. En plus, je suis déjà endettée.»

En somme, toute une journée. Comme l’énonce Jessica Gaouette, présidente de la Fédération étudiante de l’Université de Sherbrooke (FEUS), «on sent une mobilisation sans précédent sur le terrain».

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