À l’heure où nous parlons, le monde fait face à une crise économique et sociale d’une ampleur sans précédent; la tension permanente des bourses, l’effet boule de neige du mouvement «Occupy Wall Street», les économies nationales s’effondrent, par exemple celle de la Grèce. Parallèlement, nous avons la famine qui tue des millions de personnes dans la corne de l’Afrique, dont le cas le plus alarmant en soi est la Somalie.
Khady Niang Ly
Cette situation est la résultante de conflits ethniques entraînant souvent ces pays dans des affrontements destructeurs. Elle constitue ainsi la plus grande tare des temps modernes. Quelles sont les causes qui expliquent cet état de famine avancée en Somalie? Sommes-nous en présence d’un attentisme de la communauté internationale?
Il y a d’abord la sécheresse comme premier élément déclencheur de cette catastrophe pour l’humanité. Ensuite, les guerres tribales et l’absence d’un État ayant des moyens de contrôle sur ces guerres, mais aussi des moyens de coercition efficaces. Ce qui conduit indubitablement à une situation où les populations civiles sont des laissées-pour-compte et où le travail des ONG est rendu difficile. Cette difficulté à faire acheminer l’aide du fait de la conjugaison de tous ces facteurs est la principale entrave à l’enrayement voire la diminution de cette famine.
De plus, les rebelles shebabs contrôlent l’essentiel des zones déclarées en famine. C’est environ une vingtaine d’années de guerre civile qui a été menée par ces milices et qui n’a pas permis aux organisations humanitaires internationales de venir en aide de manière concrète et continue à la population, victime du désastre. Toutefois, les chiffres donnés sont catastrophiques et reflètent une réalité que la crise économique occulte malheureusement. Certains arguent même que l’organisation Al Chabaab, étroitement liée à Al-Qaida, a interdit l’année dernière l’acheminement de l’aide alimentaire dans les régions sous son contrôle. On voit de ce fait un enchevêtrement d’acteurs dans cette crise alimentaire. Une crise alimentaire que l’on impute parfois à la surenchère des denrées de base ou à la politique du FMI qui, en maintenant la dette des pays en voie de développement, les maintient dans une sorte d’asservissement économique. Néanmoins, bon nombre d’observateurs conviennent de la nécessité d’agir, mais comment? La question reste pendante. À défaut de pouvoir refaire le monde, nous nous efforçons d’en parler pour que cette cause ne reste pas vaine.


