Dans le cadre de la Journée de la géomatique, l’explorateur et conférencier Bernard Boyer était de passage au Centre culturel de Sherbrooke pour présenter sa conférence Comment atteindre son sommet. En 30 ans, il a exploré les confins de la planète, escaladé les plus hauts sommets du monde et traversé des tempêtes de neige abominables pour atteindre ses rêves, situés littéralement au bout du monde.
Audrey-Anne Cusson
«Si j’avais à refaire des études, ce serait en géomatique», avoue-t-il en introduction.
Cet homme originaire de Rimouski avait pour objectif de partir à l’aventure afin d’atteindre les deux extrémités de la planète et les plus haut sommets de chaque continent. Étudiants, Bernard Voyer espérait fouler la Finlande et la Norvège. «Ce qui guide ma vie, c’est la neige», admet-il en se grattant le bout du nez.
En 1994, Voyer atteint le pôle Nord magnétique en ski. Ce fut une longue escapade, puisque ce pôle se déplace constamment. Deux ans plus tard, il part en expédition deux mois et demi pour atteindre l’opposé du globe : le pôle Sud, où il n’y a aucune vie. «Si nous avions fait une erreur de 2 degrés, jamais nous y serions arrivés», explique t-il en précisant l’importance de la géomatique dans ses explorations. Pour parvenir à la tige de métal qui représente l’axe de la Terre, son coéquipier et lui ont marché 11 h par jour en bravant des vents de gravité soufflant jusqu’à 200 km/h. «Le pas qui est fait n’est pas à refaire», se répétait-il constamment.
Ce défi accompli, l’explorateur québécois s’est mis en tête de parcourir le monde en gravissant les plus hautes montagnes de chaque continent. D’abord l’Aconcagua en Argentine, le Kilimandjaro en Afrique, le Elbrous en Russie, le mont McKinley en Alaska et aussi le sommet Castersz en Indonésie. Puis, il est retourné au continent où l’air est le plus pur; l’Antarctique, où il a gravit le mont Vinson sous des températures de – 72°C.
Finalement, en 1999, il entreprend l’ascension du célèbre mont Everest de 8 650 m d’altitude au Népal-Tibet. Une personne sur douze ne l’atteint pas et une sur dix qui réussit ne redescendra jamais. Il a tout de même persévéré et un pas après l’autre, il a atteint le toit du monde.
Ce que l’on retient de l’expérience de monsieur Voyer est qu’avec la volonté et la passion, on peut tous atteindre son propre sommet: «La première chose a apprendre avant d’atteindre son sommet, c’est d’attendre le bon moment.»


