L’auteur-compositeur-interprète Daniel Bélanger a présenté une conférence sur le processus de création d’une chanson le mardi 29 novembre dernier à l’auditorium de la Faculté d’éducation. C’est Noémi Doyon, chargée de cours à la Faculté des lettres et sciences humaines, qui l’a invité dans le cadre du cours «Chanson Francophone».
Audrey-Anne Cusson
Devant près d’une centaine d’étudiants, malgré la fin de session imminente, l’artiste renommé pour ses succès Dans un Spoutnik, Les temps fous, Sèche tes pleurs et j’en passe, s’est présenté décontracté, échevelé et posé. «C’est ironique pour moi d’être ici car je ne suis pas allé à l’école», raconte t-il en introduction, un sourire en coin alors qu’il admet avoir tenté deux fois plutôt qu’une de réussir son secondaire 5.
Bélanger c’est risqué dans des projets bien différents. Il a participé à l’adaptation du monologue des Belles-Sœurs de Michel Tremblay: «Curieusement, je n’ai pas eu peur de saccager quelque chose, je suis arrivé là candidement», commente t-il. Il a également composé des mélodies pour les films Dernier souffle et Audition, duquel il a remporté le prix Jutra 2006. Cette année, 11 ans après Erreur d’impression, il a publié un court roman Auto-stop: «Je l’ai écrit comme une longue chanson», avoue t-il encore incertain s’il posera sa plume sur papier pour une suite .
Le processus de création pour lui est symbolique de chaos: «Parfois, une nouvelle chanson vient avec un rift de guitare ou une phrase…Ma planche à dessin, c’est mon studio.» Or, avec humour il décrit à quel point il a horreur d’enregistrer un disque en raison de tous les détails techniques que cela requiert. «Ça me rend fou, mais c’est un mal nécessaire où tout peu arriver.» Heureusement pour ses admirateurs!
Malgré le succès des chansons anglophones, il a toujours préféré chanter en français. «Je devais trouver un moyen d’attirer l’attention et c’est pour ça que la première phrase d’une chanson est toujours la plus forte. Je trouve ça fratricide de ne pas faire jouer plus de musique francophone.»
Et quand on le questionne sur le changement de paradigme à propos de la religion remplacée par l’art, il dévoile que pour lui, chanter c’est comme une prière: «Chanter a capella est une expérience spirituelle. Quand tout a bien été, je sors après un spectacle comme un p’tit vieux sort de la pastorale».


