Il y a deux semaines, François Legault lançait officiellement son parti, la Coalition Avenir Québec (CAQ). Il avait donc enfin terminé sa longue réflexion et publiait un plan d’action qui a fait couler beaucoup d’encre depuis. Il répète que son parti n’est ni souverainiste, ni fédéraliste, ni de gauche, ni de droite. Bien des gens, déstabilisés, tentent tout de même de le placer dans l’une ou l’autre de ces catégories. Pour ma part, je dois avouer que cela me parle, en général. C’est quelque peu différent lorsque je lis plus en détail les actions proposées: certaines m’enchantent et d’autres me repoussent.
Miguel Lachance
Je me place moi-même plutôt au centre, prônant un équilibre entre les politiques de gauche et de droite. La logique voudrait donc que je sois particulièrement intéressé par la plateforme de la CAQ. Un peu difficile de se positionner contre les grandes priorités du parti: l’éducation, la santé, l’économie, la langue française et la lutte à la corruption. Par contre, surtout pour les deux premières, il ne s’agit vraiment pas de la première fois qu’on entend cela.
Rappelez-vous l’élection de 2003 des libéraux. Vous n’étiez probablement pas en âge de voter à l’époque, mais si vous suivez un tant soit peu l’actualité, vous savez que les systèmes d’éducation et de santé ne vont pas si bien. On peut laisser la chance au nouveau coureur, mais laissez-moi être un peu cynique.
Plus d’argent pour les enseignants
La première action proposée par la CAQ est celle qui me fait le plus réagir: augmenter les salaires des enseignants, tout en implantant une évaluation de leur travail. J’ai déjà sérieusement envisagé une carrière en enseignement et je connais assez bien le milieu, pour y avoir fait des stages. Les enseignants méritent sans aucun doute une meilleure rémunération, ainsi qu’une meilleure reconnaissance du travail de plus en plus difficile qu’ils ont à accomplir.
Par contre, je suis sceptique à propos de la façon de les évaluer. J’ose espérer que ça va aller au-delà des résultats des élèves, et pour ce faire, il faudra que des inspecteurs visitent régulièrement les classes pour recueillir l’information nécessaire pour juger correctement la performance. Dans ce cas, il pourrait être de mise de relancer le débat sur la création d’un ordre professionnel pour les enseignants. Tant qu’à exiger d’eux une plus grande imputabilité, autant leur offrir un statut semblable aux ingénieurs et aux médecins.
Pour rester dans le thème de l’éducation, la CAQ veut mettre de l’avant des actions pour réduire le décrochage. Cette cause est plus que louable. J’ai hâte de voir exactement ce qu’ils vont proposer, parce que pour l’instant c’est plutôt flou. Je peux faire quelques suggestions: encourager les hommes à choisir la profession d’enseignant pour offrir des modèles aux jeunes garçons, augmenter les heures d’éducation physique (ça va aussi aider le système de santé), encourager l’organisation d’activités parascolaires et revoir le programme (et oui, une autre réforme!). Je laisserai le soin aux experts d’apporter les modifications appropriées.
Pour terminer la question de l’éducation, je vais brièvement commenter les deux autres actions proposées. Il y a l’abolition des commissions scolaires, une mesure de droite. Je doute de l’efficacité d’une telle mesure dans certaines régions, car les petites municipalités n’ont pas les ressources humaines nécessaires pour bien gérer les écoles. De plus, il faudra de toute façon une organisation pour assurer une distribution des ressources, dans le but s’assurer une qualité de services même dans les petits villages.
La dernière action est le rehaussement du financement des universités. Sur ce point, monsieur Legault est d’accord avec Jean Charest: les étudiants devraient payer leur juste part. Je ne m’aventurerai pas sur ce point, mais disons qu’on n’a pas fini d’en entendre parler!



