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Alexis Gendron-Boulanger
Intouchables, une coréalisation signée Olivier Nakache et Éric Toledano, n’est rien de moins qu’un film-phénomène. Le deuxième film français le plus vu en France de l’histoire raconte une relation particulière entre Philippe, un riche tétraplégique, et Driss, un jeune homme noir – son auxiliaire de vie – provenant d’une famille démunie qui habite un arrondissement peu nanti.
Inspiré d’une histoire vraie, celle de Philippe Pozzo di Borgo, le scénario du film Intouchables nous raconte, à travers une formule scénaristique bien classique, une histoire dont la force réside tout d’abord dans les deux protagonistes qui se partagent la vedette. Alors que Philippe vit au cœur du distingué septième arrondissement de Paris, Driss provient d’un milieu bien moins aisé.
Intouchables est fondé sur la rencontre de ces deux mondes qui se complètent à merveille malgré leurs importantes différences. La beauté du film émane entre autres de cette histoire entre ces deux personnages diamétralement opposés et le contexte sociopolitique actuel de la France, qui fait face à une certaine problématique lorsque vient le temps d’aborder la question de l’immigration. Au moment où différents rapports soulignent l’augmentation de la xénophobie en cette période de crise financière, cette œuvre est emplie d’espoir.
Réalisé avec une grande sensibilité, Intouchables est avant tout l’histoire des prestations de François Cluzet, touchant dans le rôle de Philippe, et Omar Sy (Driss), la grande révélation du film. Les deux comédiens réussissent avec brio à porter à l’écran, de manière tout à fait crédible, deux personnages profondément humains. L’humour se trouve souvent au cœur de leur complicité et la symbiose qui les unit donne aussi naissance à quelques grands moments d’émotion.
Deux personnages provenant d’univers aussi distincts peuvent parfois avoir des goûts musicaux peu semblables. Alors que Philippe est un grand connaisseur des compositeurs classiques Hector Berlioz et Robert Schumann, Driss préfère la pop. C’est ainsi que la musique originale de Ludovico Einaudi se mélange à souhait avec notamment celle d’artistes comme Earth, Wind & Fire et Nina Simone.
Intouchables s’avère un divertissement de grande qualité. En 1967, le cinéaste Jean-Luc Godard affirmait: «Un film, s’il est bon, est forcé d’être documentaire». Intouchables est l’un de ces films.


