Alors que le décompte du Nouvel An se fait entendre, on a envie de se rappeler. Les yeux bandés,

nous voilà, le coeur sur la main, plus apte à avancer que jamais. Le temps qui défile à une vitesse

immesurable me donne une idée : et si un an ne représentait en réalité qu’une heure?

Par Catherine Foisy

 

1992 Minuit moins une, je nais, comme plusieurs d’entre vous, alors que d’autres étaient déjà là, tandis

que d’autres nous rejoindront plus tard.

 

Une heure se fait entendre, 1993 est à portée.

 

Ce que j’ignorais, et ce dont j’étais trop jeune pour me rappeler, était l’importance qu’allait prendre la

troisième heure de la journée dans l’histoire du Québec. En 1995 a eu lieu le deuxième référendum de

souveraineté du Québec. Le 20 octobre, c’est presque à proportion égale que le oui et le non ont été

choisis sur les bulletins de vote. Le référendum représente le plus haut taux de participation jamais

enregistré en Amérique du Nord, soit de 93,5 %.

 

L’aiguille se rend à 1998, il est six heures. Je me souviens, un hiver des plus douloureux : la crise du

verglas frappe de plein fouet Montréal et la Montérégie. Malgré l’électricité qui remportait haut la main le

championnat de cache-cache, les gens s’aidaient. La population se déplaçait là où un peu de chaleur

pouvait se partager, autour d’un feu de foyer ou dans une des rares demeures encore illuminées. La

population s’improvisait nomade dans le but de fuir les intempéries le plus confortablement possible.

En 2002, à dix heures, plusieurs villes fusionnent pour n’en donner qu’une. On parlera de Sherbrooke,

certes, mais également de Montréal, de Québec, de Lévis, de Saguenay et de Gatineau.

 

À midi, la moitié de la journée est complétée. En 2004, on met sur la table le scandale des commandites.

Le gouvernement fédéral passe sous la loupe.

 

Un peu plus tard en après-midi, à seize heures (2008), on célèbre le 400e de la ville de Québec. Les

plaines regorgent de gens qui viennent de partout au Québec et ailleurs pour applaudir Paul McCartney

ou Céline Dion après leur prestation. Cette soirée-là, on fête le 400e anniversaire de naissance de la

première ville francophone en Amérique du Nord.

 

Vingt heures. La plus grande manifestation de l’histoire du Québec a lieu, et c’est plus de 300 000

personnes qui se partagent les rues de Montréal. 2012, le Printemps érable allume des petites lueurs

dans les yeux de ceux pour lesquels elles étaient éteintes. C’est aussi durant cette heure que la première

première ministre est élue.

 

Par chez nous, une catastrophe se produit à vingt-et-une heures (2013). La tragédie ferroviaire de Lac-

Mégantic se produit. Triste événement, c’est un Québec en entier qui s’est rassemblé pour aider une

communauté silencieuse.

 

Le son de l’horloge grand-père retentit, 2016 arrive, il ne reste qu’une heure avant que le vingt-quatre

heures soit complété. Il s’en passe des choses en vingt-trois heures! Alors que nous y sommes déjà, il ne

me reste qu’une heure avant de tout recommencer. De vingt-trois heures à vingt-quatre heures, comme

toutes les autres heures, je vous souhaite de vivre pleinement et de peindre de vos couleurs une page de

plus dans l’histoire d’ici.


Crédit photo © Vicky Tous les jours de ma vie

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