2020 : un triste départ pour notre planète

Par Alexia LeBlanc

Plusieurs s’entendront pour dire que la nouvelle décennie a débuté sur des bases assez ardues. Sans parler des tensions politiques entre certains pays ou de la tragédie du vol 752 d’Ukraine International Airlines, il est possible d’observer que la planète aussi en a écopé depuis les dernières semaines. Bon nombre de ces événements sont aggravés par un seul et même enjeu : le réchauffement climatique.

Les violents feux de forêt en Australie

Ces événements ont sans aucun doute marqué le début de l’année 2020. Depuis plusieurs semaines déjà, l’Australie a connu une saison des feux beaucoup plus précoce et intense qu’à l’habitude. Aggravés par le réchauffement climatique, les feux ont détruit plusieurs domiciles, ont fait 28 morts et ont tué plus d’un milliard d’animaux. Pour le pays, 2019 a été l’année la plus chaude et la plus sèche jamais enregistrée, avec des températures dépassant les 40 °C parfois. En raison du climat anormalement sec pour cette région du monde, les conditions étaient parfaites pour que les feux (qui ne sont pas rares en Australie pendant ce temps de l’année) soient des plus dévastateurs.

Au sud-est du pays, dans l’État de Nouvelle-Galles-du-Sud plus précisément, la situation est particulièrement grave depuis le mois de septembre. Les feux les plus pernicieux se trouvent dans cette région. Heureusement, depuis le 15 janvier, des pluies assez importantes sont enfin tombées et l’humidité dans l’air permet à celui-ci d’avoir une meilleure qualité. Le bureau local de météorologie de la région a tout de même souligné que les pluies n’allaient pas être suffisantes pour éteindre tous les feux, et que les mois de février et de mars sont à craindre puisqu’ils sont habituellement les plus chauds. De plus, certains endroits en Australie sont à risque de connaître des périodes d’inondations, ce qui pourrait rendre le travail des pompiers et des bénévoles plus compliqué.

La situation sera donc à surveiller au cours des prochaines semaines, mais les scientifiques s’entendent pour dire que ces événements seront de plus en plus récurrents en raison du réchauffement planétaire. Il est pertinent de souligner que 2019 a été la deuxième année la plus chaude pour le monde entier. D’ailleurs, le 15 janvier dernier, comme l’a rapporté La Presse, Gavin Schmidt du centre spatial Goddard de la NASA a déclaré que «ce qui se passe n’est pas un incroyable hasard lié à un phénomène météorologique quelconque : nous savons que les tendances à long terme sont déterminées par les niveaux croissants de gaz à effet de serre dans l’atmosphère.» La situation est donc inquiétante pour l’Amérique également, qui a connu des périodes de feux de forêt alarmantes depuis les dernières années.

La famine en Afrique australe

Peut-être en raison de sa présence moins imposante que les feux en Australie dans les médias canadiens, peu de gens semblent au courant de la famine qui menace la vie de 45 millions de personnes de la pointe sud du continent africain. Les pays de cette région du monde connaissent pourtant des périodes de sécheresse et d’inondations qui menacent grandement la santé et la sécurité des populations. Le 16 janvier dernier, les Nations Unies ont d’ailleurs déclaré que 45 millions de personnes est un nombre record et que la famine a atteint des proportions jamais observées auparavant.

Les bouleversements climatiques, dont ces pays africains sont les premières victimes, sont connus sous le nom de El Nino. Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, «pendant les épisodes d’El Nino, le déroulement normal des précipitations tropicales et la circulation atmosphérique sont perturbés, déclenchant ainsi des événements climatiques extrêmes dans le monde entier.» L’Afrique australe connaît des épisodes de plus en plus récurrents de ce phénomène, qui provoque également des tempêtes toujours plus destructrices.

Les météorologues ne prévoient pas non plus que l’année 2020 sera plus positive pour les récoltes. On prévoit une météo chaude et très sèche, ce qui inquiète plusieurs organisations internationales. De nombreuses familles de ces régions survivent déjà grâce à l’aide d’urgence et les Nations Unies demandent le soutien de tous afin d’amasser suffisamment de fonds pour continuer d’appuyer ces personnes.

Loin des yeux, loin du cœur?

Bien que les scientifiques sonnent l’alarme et que des événements comme ceux en Australie ou en Afrique australe se fassent de plus en plus récurrents, certains restent sceptiques face aux dangers du réchauffement climatique. L’Australie et les pays de cette région de l’Afrique ne sont que deux exemples, puisqu’on pourrait également souligner les événements destructeurs que connaissent de plus en plus souvent l’Asie, l’Amérique du Sud ou l’Europe, pour ne nommer qu’eux.

Peut-être que le problème se retrouve dans le fait que ces catastrophes ne se déroulent pas à l’intérieur de notre pays. Ou bien, que les conséquences de celles-ci soient moins importantes ici. Pourtant, certains événements, comme des tornades, des inondations et même des feux de forêt, sont plus fréquents au Canada. Un article intéressant écrit par Paul Journet de La Presse soulignait qu’il faut simplement écouter les assureurs pour se convaincre que la situation nous affecte nous aussi. Le dernier rapport annuel du Bureau d’assurance du Canada déclarait d’ailleurs que les catastrophes naturelles «ont augmenté de façon spectaculaire au cours de la dernière décennie.» Journet expliquait aussi que, sans nécessairement s’en rendre compte, les contribuables déboursent des sommes beaucoup plus importantes qu’ils ne le croient pour des phénomènes liés aux changements climatiques.

En 2019, les émissions mondiales de CO2 ont encore augmenté (de 0,5 % selon le Global Carbon Project). Même s’il s’agit d’une amélioration depuis l’année 2018, où l’augmentation tournait autour du 2,0 %, la situation doit être davantage prise au sérieux. S’il est difficile de convaincre les dirigeants de la nécessité d’agir maintenant, plusieurs démarches personnelles peuvent être entreprises.


Crédit Photo @ Yahoo Actualités

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