Jupes courtes, camisoles et absence de poils chez la femme à l’ère du magazine

Par Catherine Foisy 

Fait : l’été, la femme moyenne québécoise troque les pantalons pour les shorts, les cols roulés pour les camisoles, et le manteau d’hiver pour le maillot de bain. Au cours des dernières années, plusieurs femmes et hommes se sont levés afin de dénoncer l’image stéréotypée de la femme hypersexualisée que proposent les magazines. La diversité corporelle est une lutte sans fin qui est de plus en plus présente. Mais la pilosité chez la femme, elle, qu’en fait-on?  

Constat : Les pages des magazines de partout dans le monde sont, pour la plupart, tapissées d’images de femmes dont la pilosité est absente. Est-ce forcément le reflet de la société actuelle? Il faudrait se pencher sur la question, mais rapidement, il semblerait que de plus en plus de femmes décident de se faire copines avec le poil. Afin de comprendre ce que les Sherbrookois pensent de la femme qui ne s’épile pas, un sondage qui s’adressait aux Sherbrookois et Sherbrookoises a circulé sur le web du 1er au 7 juin derniers.­­

Profil des répondants

Des 741 personnes qui y ont répondu, 62 % s’identifient comme femme, 36 % comme homme, et 1% se disent de genre autre. Des répondants, 70 % sont âgés entre 16-25 ans, 21 % entre 26-35 ans, 6 % entre 35-45 ans et un mince 1 % sont âgés de 56 ans et plus.

Une femme qui ne s’épile pas, pour vous, c’est …

À 47.65 %, les répondants ont répondu « Tout à fait correct. L’important, c’est qu’elle se sente bien, avec ou sans poil. » Cette réponse dominante suggère que la pilosité chez la femme est quelque chose d’accepté chez près de la moitié des répondants. Par contre, 30.27 % soulignent qu’une femme qui ne s’épile pas les rend inconfortables.

Alors qu’il était possible de laisser des commentaires, plusieurs ont indiqué que si c’était leur copine, cela les rendrait inconfortables, mais qu’autrement, cela ne les choque pas. Réponse plutôt intéressante qui mériterait qu’on l’étudie.

Aux antipodes, 2.7 % des répondants soutiennent l’idée que la femme devrait s’épiler alors que 1.83 % de ceux-ci indiquent qu’une femme qui ne s’épile pas est quelque chose qui les dégoute.

Une pression sociale chez les Nord-Américaines

Sans grande surprise, 96 % des répondants croient que la société nord-américaine exerce une pression sociale, signée épilation, sur les femmes. Mais de ce 96 %, plusieurs soulignent l’apport de l’entourage dans la perception sociale de la pilosité chez la femme. Dans les faits, bien que les médias véhiculent, pour la plupart, des images de femmes dénudées de poils, si la jeune femme grandit au sein d’une famille pour qui la pilosité est quelque chose d’accepté, celle-ci se voit moins influencée par le bain de publicités où l’importance du corps féminin sans poils est mise de l’avant.

« Ça fait cinq ans que je n’ai pas touché aux poils qui me poussent sur les jambes. C’est certain qu’au départ, le regard des gens sur mes jambes me rendait inconfortable. Mais au fil du temps, je m’amuse à me dire que c’est tout simplement parce que j’ai de belles jambes, et j’en ris », me confie une jeune Sherbrookoise.

Mais si la femme est victime d’une pression sociale, peut-on en dire autant de l’homme? En ce sens, il serait intéressant d’élargir la question. À suivre.

Notez que la population de Sherbrooke s’élève à 154 600 personnes, et que donc, la marge d’erreur, avec un niveau de confiance de 99 %, est de 4.73 %.

BRÈVES

Bras en l’air, arc-en-ciel

Depuis 2014, plusieurs femmes à travers le monde décident de se colorer le poil d’aisselle dans l’optique d’envoyer balader les standards de beauté. Il y a un an, on ajoutait au lot de scandales concernant Miley Cyrus le fait que cette dernière ait teint son poil de dessous-de-bras en rouge.

Au Québec, le phénomène s’est développé au cours des deux dernières années. Tout récemment, Safia Nolin publiait une vidéo sur sa page Facebook où elle prenait le temps de lever son bras en l’air pour montrer sa toison rose fuchsia. En rigolant, elle stipulait que son poil d’aisselle rose serait l’un de ses invités surprises à son spectacle prévu dans le cadre des Francofolies.

Mais si plusieurs le font à la blague, d’autres le font pour faire passer un message.

Femmes à barbe et barbe à papa

Si certaines femmes décident de délaisser les traitements épilatoires et d’aborder fièrement la barbe, celles-ci ont longtemps occupé le rang des bêtes de foires. La première femme à barbe, et encore la plus célèbre à ce jour, fut une Française du nom de Clémentine Delait (1865-1939).

Au Québec, impossible d’oublier le parc Belmont, qui, de 1923 à 1983, prenait place dans Cartierville, un quartier de Montréal-Nord. Entre manèges et spectacles extérieurs, il était possible d’observer ce qu’on appelait les « phénomènes humains » présentés sous tentes. Mais qu’est-ce qu’un « phénomène humain »? Il s’agissait de nains, de géants, d’obèses, d’avaleurs de sabre, d’hommes à trois jambes et, indispensablement, de femmes à barbe.

Le show de Freaks qui jadis était un incontournable des étés en sol montréalais serait probablement très critiqué aujourd’hui. Alors que la femme à barbe était perçue comme une attraction épouvante. Il serait aujourd’hui beaucoup plus discriminatoire de la considérer ainsi. Mais si ce n’est plus, pour la plupart, sous les chapiteaux qu’elles sont exposées, plusieurs d’entre elles parcourent le globe à travers le web. Parmi les plus populaires, citons Harnaam Kaur, jeune femme à barbe de 24 ans qui a partagé son histoire avec le monde entier il y a un peu moins d’un an.


 

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