À la défense des institutions québécoises

Par Julien Vézina

Depuis plusieurs années, le gouvernement tente de mettre le plus possible de cours d’histoire dans les multiples programmes du système d’éducation québécois.  Quand on arrive à l’université par le cégep, l’histoire du Québec semble tellement encastrée dans nos crânes que d’avoir davantage de cours sur le domaine nous donne la nausée. Pourtant, ces programmes ont comme faille de ne pas assez faire comprendre l’importance des époques étudiées aux jeunes élèves, notamment la Révolution Tranquille.

Certaines personnes ont tendance à prendre la période la plus importante du Québec contemporain comme acquise, pas comme une période qui a façonné nos belles institutions publiques. Il faut donc comprendre comment ces institutions sont cruciales pour n’importe quelle société. Il faut d’autant plus savoir que lorsqu’elles sont en péril, c’est notre devoir de tout faire pour les défendre.

Avec les mesures d’austérité annoncées par le gouvernement Couillard en 2014, nous sommes présentement dans une de ces périodes où nous devons défendre ces institutions. L’austérité est un modèle de redressement économique néfaste pour une société. Même après l’échec des politiques d’austérité en Grèce, après l’affirmation du FMI catégorisant l’austérité d’ « inefficace », le gouvernement Couillard continue de couper pour atteindre le fameux déficit 0.  Dans le deuxième budget du gouvernement Libéral du Québec, publié en mars 2015, on y annonce des compressions évaluées à plus de 5.5 milliards de dollars. Il est donc juste de dire que l’ensemble des services sociaux vont souffrir en 2015-2016: 3 millions de coupure pour le Secrétariat à la condition féminine, 0.2% d’augmentation des salaires des professeurs, les dépenses en santé coupées à 1.4 % (comparativement à 3.3% et 4.2% durant les deux dernières années), augmentation des prix des CPE, hausse des frais de scolarité pour les étudiant(e)s internationaux, et j’en passe. Bien entendu, le gouvernement Couillard annonce une baisse de 11.9% à 11.5% des taxes aux entreprises, en plus de minces investissements (0,12% du revenu) donnés majoritairement en subventions aux entreprises. Même si les spécialistes économiques, dont certains détiennent un Prix Nobel d’économie, traitent l’austérité comme une infection économique et propose le keynésianisme comme cure (un modèle basé sur l’investissement à long terme), le gouvernement rit dans sa barbe.

Et toi mon cher lecteur, que dois-tu faire quand tu assistes à la destruction à petit feu de nos belles institutions? Manifester. Le droit de manifester a été créé pour éviter le genre de dérapage politique auxquels les Québécois assistent depuis trop longtemps. Et, le droit de grève fait partie du droit de manifester. Quand on exerce notre droit de manifester en portant des chandails dans les écoles, en portant des pantalons d’armée, une casquette rouge et même des chapeaux de cowboys, en créant des chaînes humaines autour des écoles primaires et secondaires et que le gouvernement refuse de flancher, il nous reste toujours la grève. Encore en observant la situation avec une approche historique, les étudiants et travailleurs du Québec ont toujours réussi à changer les choses avec les grèves : création de l’Université du Québec en 1968, abolition du TAEU en 1974 (test d’aptitude aux études universitaires), amélioration du programme de prêts et bourses en 1988, gel des frais de scolarité et le maintien des plafonds des frais afférents au cégep en 1990, le retour de 103 millions de bourses précédemment abolies et la transformation de 70 millions de dollars de prêts en bourses en 2005, puis l’annulation de la hausse des frais de scolarité et la débarque du gouvernement Charest en 2012. Donc non, ce n’est pas vrai que les grèves étudiantes ne changent rien. Étudiant, va manifester pour nos belles institutions et pour les milliers de travailleurs (dont tu feras peut-être partie plus tard) qui écopent de l’austérité, et sauve le Québec.


© Cathie Lacasse Pelletier

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